Dès demain, une première lecture de la déclaration ministérielle. Photo Dalati et Nohra
Le comité ad hoc doit tenir aujourd'hui en début d'après-midi son ultime réunion, en principe pour apporter la dernière main au texte de 22 pages et achever l'examen du volet économique, qui ne pose pas de problème.
Si le texte est approuvé cet après-midi, le débat de confiance s'ouvrira mardi, comme l'avait annoncé le président de la Chambre, Nabih Berry, dans la matinée, au terme de son entretien hebdomadaire avec le chef de l'État à Baabda.
Toujours est-il qu'au niveau politique, les points de litige sont restés les mêmes et une entente s'est avérée impossible au sujet du volet relatif à la Résistance et à la souveraineté de l'État, les vues à ce sujet étant diamétralement opposées entre les représentants des 8 et 14 Mars. Les représentants de la majorité, notamment MM. Boutros Harb et Sélim Sayegh, n'ont pas réussi à obtenir gain de cause sur les amendements qu'ils souhaitaient introduire au texte, afin de confirmer la souveraineté de l'État et lui attribuer l'exclusivité des décisions engageant le sort du pays sur les questions de guerre et de paix.
La violente altercation au cours de la réunion de mardi soir entre les ministres Boutros Harb et Gebran Bassil et les échanges d'accusations qu'elle a générés ont montré à quel point le concept de la souveraineté nationale peut être élastique et à quel point il est difficile de trouver des terrains d'entente.
Compte tenu des divergences insurmontables, et pour éviter que le débat stérile ne se prolonge indéfiniment, le comité n'a eu d'autre choix que de préserver la formule de base en lui introduisant un amendement qui ne fait que reprendre une évidence. En d'autres termes, la formule relative au « droit du Liban, à savoir son gouvernement, son peuple, son armée et sa Résistance », à récupérer ses terres encore occupées est demeurée inchangée. La phrase qui lui a été ajoutée, à savoir « l'examen de la stratégie de défense devra se poursuivre à la conférence nationale de dialogue pour parvenir à unifier la position du Liban par rapport à cette question », ne change rien au fait que le droit de la Résistance a été reconnu dans le texte de la déclaration ministérielle.
Cette formule est cependant loin de satisfaire la majorité dont les réserves, exprimées par MM. Harb et Sayegh, ont été consignées dans le procès-verbal de la réunion.
Dans sa déclaration à la presse, le ministre de l'Information, Tarek Mitri, a tenu à préciser que les 7 heures de débats n'ont pas été toutes consacrées aux sujets politiques, soulignant que le comité a également discuté et établi les priorités du gouvernement dans tous les domaines. Il a aussi insisté sur le fait que le texte ne peut pas être considéré comme une copie du précédent, mais s'en est inspiré pour deux questions : « La première se rapporte à l'autorité de l'État au niveau des décisions et des engagements du gouvernement et la deuxième concerne le droit du Liban, à savoir son gouvernement, son peuple, son armée et sa Résistance, à libérer les hameaux de Chebaa et les collines de Kfarchouba. »
Il a expliqué que la mouture du texte sera soumise au gouvernement qui prendra la décision finale à ce sujet.

