Retenez ce visage…
Événement
Ali Fakhry, tout comme ses collègues et tous les volontaires qui ajoutent leur grain de sable à cette tempête médiatique préparée depuis quelques mois, va à son tour entrer en scène lundi 30 novembre, lors d'un périple annoncé. « Je risque entre un mois à un an de prison pour « trouble sur la voie publique », mais « qui ne risque rien n'a rien ». Cachant ses parties intimes pour éviter l'atteinte aux mœurs, le jeune homme, poète à ses heures perdues - il a publié un recueil intitulé Schizophrenia - va déambuler court vêtu, le corps, « que j'ai assez imposant ! » avec ses 97 kg, chargé de messages personnels et publicitaires, car, précise-t-il, nous avons besoin d'argent pour mener ce combat et être présents à Copenhague.
Après les levées de fond, les ventes de gâteaux, les soirées organisées dans un but caritatif, il décide d'utiliser son corps comme espace publicitaire à louer. Message d'un amoureux à sa dulcinée sur le front, nom de magasin sur le ventre, associations féministes et autres, « chacun donne ce qu'il peut. De 10 000 LL à 300 dollars, les gens sont heureux d'aider, de participer à leur façon. » Dans le cadre de son action volontairement bruyante, l'association IndyAct, créée en 2006, avait multiplié ses interventions dans des mises en scènes surprenantes, pour faire parvenir des messages plus graves, voire alarmants sur la - mauvaise - santé de notre planète, « pourvu que nous soyons entendus avant le sommet de Copenhague le 7 décembre. Notre but ultime est d'obliger les pays arabes à signer un traité qui sauve la planète d'un suicide collectif. C'est une question de survie. Pour nous, à ce stade, l'échec n'est pas une option. »
Durant un moment qui ne va certainement pas passer inaperçu, Ali va courir, visiblement satisfait de se faire remarquer. Tout comme son collègue qui a passé trois jours enfermé dans une cabine en plexiglass installée sur la corniche, comme les deux acteurs représentant Saad Hariri et Michel Aoun se battant pour leur siège, qui ont illustré à leur façon le slogan « Start thinking we are sinking » (commencez à réfléchir nous nous noyons). Suffisamment théâtrales et inattendues, ces actions pacifistes ont porté leurs fruits : une couverture média et l'intérêt d'un Saad Hariri qui va personnellement se déplacer pour participer, « activement », promet-il, au sommet.
En attendant le grand jour, un rendez-vous indispensable pour l'avenir de la planète, Ali Fakhry donne rendez-vous à tous les activistes et les personnes concernées par le bien-être de la planète lundi 30, à 14 heures, à la Medical Gate de l'AUB.
Affaire à suivre. Plus sérieusement, bien sûr...

