Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Le Point

Tout compte fait

Des révélations, il en pleut depuis quelques jours et particulièrement en ce début de semaine, alors que doit débuter aujourd'hui mardi le grand déballage tant attendu. Extraits : tout au long de l'année 2002, Tony Blair a menti à ses collègues de la Chambre des communes et à l'opinion publique sur le timing de la guerre. Et ceci : la section du Foreign Office chargée d'établir les plans du nouvel Irak n'a commencé à les établir que vers la fin de février 2003, soit trois semaines seulement avant le jour J. Ou encore : des unités ont été envoyées au front à bord d'avions civils avec, pour chaque homme, un unique chargeur contenant cinq balles. Ce n'est là qu'un avant-goût de ce qui attend les Britanniques avec le déballage à venir, sans précédent dans les annales militaires. Les auditions, prévues au centre de conférences Queen Elizabeth II de Westminster, qui devraient durer cinq semaines, seront menées par sir John Chilcot, un ancien de Whitehall, dont la pugnacité ne semble pas être la principale qualité. D'où la pluie d'« indiscrétions », destinées à court-circuiter les tentatives d'étouffement du plus grand scandale militaires de l'après-Seconde Guerre mondiale. Mais les esprits trop curieux sont priés de contenir leur impatience : les conclusions finales de l'enquête ne seront pas connues avant 2011.
En attendant, place aux détails qui commencent seulement à filtrer. Ainsi, c'est George W. Bush qui ouvre le tir lorsque, dans son message sur l'état de l'Union du 29 janvier 2002, il inclut l'Irak dans l' « axe du mal » et affirme : « Je ne resterai pas les bras croisés alors que le péril nous guette. » Mais six mois plus tard, à une question de Donald Anderson, président de la commission des Affaires étrangères, sur d'éventuels préparatifs militaires contre Bagdad, « Teflon Tony » répond, catégorique : « Non, il n'existe aucune décision en ce sens. » Jusqu'au mois de novembre, le Premier ministre multipliera les dénégations, alors que, dès avril de cette même année, il avait signé, à l'occasion d'un sommet tenu avec le président américain à Crawford (Texas), le document prévoyant le remplacement du régime de Saddam Hussein. Cette succession de mensonges, pieux ou pas, va avoir de lourdes conséquences sur l'opération « Shock and Awe » - « Op Telic » pour ce qui fut le War Office. En effet, tenus au secret le plus strict, les deux alliés négligeront de peaufiner les préparatifs, finalement entamés le 23 décembre 2002 dans un désordre indescriptible, inutile de le préciser.
Dès lors va s'installer entre les commandements yankee et britannique une hostilité qui ira crescendo jusqu'au retrait des troupes de Sa Gracieuse Majesté, en juillet dernier. Aux yeux de leurs homologues, les généraux US représentent « un groupe de Martiens » pour lesquels « tout dialogue est étranger » et qui sont fermés à l'idée même de coopération. Cela, les reporters envoyés sur place, « embedded » suivant l'expression en vogue à l'époque, l'avaient confusément perçu en son temps. La nouveauté, c'est que les militaires anglais avaient vu venir la catastrophe ; ils en avaient avisé les hommes politiques, qui n'en ont tenu aucun compte. D'où la frustration et la colère qui se manifestent ces jours-ci, exprimées à travers les témoignages qui se multiplient désormais, reflet des déceptions de ces galonnés, mais aussi de leurs subordonnés, qui ne voulaient pas, eux, de cette stupide expédition, mais qui l'ont quand même acceptée dans l'espoir qu'en haut lieu il se trouvera quelques-uns pour donner suite à leurs suggestions.La leçon qu'ils ont tirée de leur expérience tient en ces quelques mots, terribles : « Après tout, la lumière représente le meilleur désinfectant. » En cette formule aussi : « Plus jamais ! »
La Mésopotamie, ils n'y sont pas allés la fleur au fusil. Ils ont accompli le voyage entassés dans les soutes d'avions de ligne, encombrées de tentes et de générateurs. Les rations étaient avalées froides parce que briquets et allumettes étaient interdits à bord, de même que les ciseaux et... les pinces à ongles, aisément détectables aux portiques de sécurité des aéroports civils. Au plus fort des combats, révèle un officier supérieur, les soldats se sont retrouvés à court de munitions, sans protection contre des armes chimiques, sans bottes spéciales pour le désert et gilets pare-balles. Dans le genre ubuesque, on relèvera un détail : dans certains ballots, les soldats ont découvert que, dans un évident souci de veiller à leur confort, le ministère de la Défense avait prévu à leur intention des skis.
On prête à Georges Clemenceau cette réflexion : « La guerre ! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires. » Et à des pékins donc...


Des révélations, il en pleut depuis quelques jours et particulièrement en ce début de semaine, alors que doit débuter aujourd'hui mardi le grand déballage tant attendu. Extraits : tout au long de l'année 2002, Tony Blair a menti à ses collègues de la Chambre des communes et à l'opinion publique sur le timing de la guerre. Et ceci : la section du Foreign Office chargée d'établir les plans du nouvel Irak n'a commencé à les établir que vers la fin de février 2003, soit trois semaines seulement avant le jour J. Ou encore : des unités ont été envoyées au front à bord d'avions civils avec, pour chaque homme, un unique chargeur contenant cinq balles. Ce n'est là qu'un...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut