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Moyen Orient et Monde - Le Billet

Match nul

Pour le béotien, les pharaons sont des souverains de l'antique Égypte légèrement fascinés par le soleil et ayant fini leur vie emballés dans la bandelette. Pour le philistin, les fennecs sont de charmants petits renards des sables à la queue touffue et aux grandes oreilles maraudant dans les dunes du Sahara.
Samedi dernier, une révision de vocabulaire s'est imposée. Depuis une semaine, les Pharaons et les Fennecs sont des types en short qui courent, la mâchoire serrée et le regard exalté, après un ballon. Au moment de la charge, c'est à la couleur qu'on les différencie. Les Pharaons, égyptiens comme il se doit, portent la casaque rouge, les Fennecs, algériens, ont opté pour le vert.
À l'aller, samedi dernier, les Pharaons n'ont fait qu'une bouchée des Fennecs. Au retour, mercredi soir, ce sont les Fennecs qui ont damné le pion aux Pharaons, décrochant par là même leur ticket pour la Coupe du monde de foot de 2010 en Afrique du Sud.
L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais la rencontre joue les débordements et les prolongations. Loin de la pelouse, c'est sur le bitume qu'on fait, refait et défait le match. Au Caire, un bus de Fennecs se fait caillasser. À Alger, ce sont les bureaux d'Egypt Air qui se font saccager.
Entre nationalisme, manque de pain et rêves de liberté, Cairotes et Algérois s'enflamment pour les jeux.
L'histoire aurait, là encore, pu en rester là. Que nenni. Depuis jeudi, la fièvre du ballon rond a contaminé la diplomatie. Le Caire rappelle son ambassadeur en Algérie et convoque l'ambassadeur algérien au Caire. Alger convoque l'ambassadeur d'Égypte à Alger, alors que Moubarak Junior accuse les Algériens de terrorisme. Khartoum, où se déroulait le match retour, convoque l'ambassadeur égyptien, l'Égypte se retire de l'Union africaine de foot. Même la Ligue arabe entre dans la mêlée.
Légèrement vexée par tout ce tohu-bohu, l'Europe, vivier de supporters qui feraient passer les Algériens et les Égyptiens pour des enfants de chœur, se reprend rapidement. Pas question de rester sur le banc alors que la planète foot s'embrase. En moins de temps qu'il faut pour le dire, la main - baladeuse ou divine, selon que l'on se trouve d'un côté ou de l'autre de la Manche - de Thierry Henry se pointe au sommet européen extraordinaire de Bruxelles, le Premier ministre irlandais Brian Cowen promettant à ses administrés furibards de dénoncer le hold-up footballistique français auprès de Nicolas Sarkozy en personne. Une dénonciation face à laquelle il n'était pas exclu que Sarkozy botte en touche, rappelant l'antisjeu irlandais sur le traité de Lisbonne.
D'où la question, centrale : la diplomatie serait-elle la continuation du foot par d'autres moyens ?
Pour le béotien, les pharaons sont des souverains de l'antique Égypte légèrement fascinés par le soleil et ayant fini leur vie emballés dans la bandelette. Pour le philistin, les fennecs sont de charmants petits renards des sables à la queue touffue et aux grandes oreilles maraudant dans les dunes du Sahara.Samedi dernier, une révision de vocabulaire s'est imposée. Depuis une semaine, les Pharaons et les Fennecs sont des types en short qui courent, la mâchoire serrée et le regard exalté, après un ballon. Au moment de la charge, c'est à la couleur qu'on les différencie. Les Pharaons, égyptiens comme il se doit, portent la casaque rouge, les Fennecs, algériens, ont opté pour le vert. À l'aller, samedi dernier,...
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