Mgr Sfeir en conversation avec le ministre Boutros Harb.Photo Émile Eid
Ces mots sont ceux de Boutros Harb, qui s'exprimait sur le perron de Bkerké à l'issue d'un entretien avec le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir. Ce dernier, ont indiqué ses différents visiteurs, juge la situation actuelle « difficile » et espère sincèrement que les obstacles seront aplanis maintenant que le gouvernement a été formé.
Devant Mgr Sfeir, le ministre Harb s'est arrêté sur la rédaction de la déclaration ministérielle, la préparation pour le vote de confiance, ainsi que les orientations générales du gouvernement Hariri. « J'ai également évoqué avec Mgr Sfeir des questions liées à mon ministère », a-t-il tenu à ajouter, avant de rappeler aux journalistes, qui le pressaient de commenter l'évolution de la déclaration ministérielle, que les membres du comité chargé de sa rédaction se sont mis d'accord pour ne rien laisser filtrer.
« Tout ce que je peux dire, c'est que nous déployons beaucoup d'efforts pour mener notre mission à bien et que ces efforts sont très sérieux », a-t-il indiqué, espérant que tout cela sera fini dans les jours qui viennent afin que le cabinet puisse concrètement et constitutionnellement commencer à travailler, une fois acquis le vote de confiance.
Interrogé sur des rumeurs autour d'une polémique qui aurait enflé à propos des armes du parti de Dieu au cours d'une des séances de travail du comité de rédaction entre lui et son collègue du Hezbollah chargé de la Réforme administrative, Mohammad Fneich, Boutros Harb a répondu qu'il ne faut pas « croire tout ce que les médias rapportent. Cette question est débattue avec un maximum de sérieux et un sens aiguisé des responsabilités », a-t-il assuré, souhaitant que les Trente aboutissent à « une vision commune qui puisse satisfaire les Libanais, quelles que soient leur appartenance communautaire ou leurs orientations politiques ». Autre visiteur de Bkerké hier, le député Ziad Kadri, qui a réaffirmé que le patriarche maronite est « la conscience du Liban », qu'il est donc « naturel » que Mgr Sfeir « s'exprime sur les questions nationales. Sa Béatitude ne soutient aucune partie, aucune faction contre une autre ; ses positions sont constamment en faveur de l'intérêt du Liban et des Libanais, en faveur de la stabilité et de l'État », a-t-il insisté, avant de relever que les réconciliations politiques de ces derniers jours sont « importantes » et que l'unité des Libanais est « la meilleure arme » face aux différents dangers qui menacent le pays.

