Ce congrès était l'une des premières occasions d'écouter le ministre de l'Environnement, Mohammad Rahhal, qui représentait le président de la République Michel Sleiman au cours de la séance inaugurale. M. Rahhal a fait le lien entre changement climatique et menaces sur la paix et la stabilité sociale. « Notre objectif ultime est l'adoption de stratégies locales et internationales », a-t-il dit.
Niels Pultz, envoyé spécial du ministère danois des Affaires étrangères sur le changement climatique, a abordé un sujet qu'il allait développer dans l'une des sessions : les attentes de Copenhague, qui se résument, aujourd'hui, à un accord politique fort, en prévision de négociations qui se poursuivront en 2010.
Le directeur général du Fonds de développement international de l'OPEP (OFID), Sleiman el-Herbish, a comparé l'utilisation des énergies fossiles aujourd'hui et les perspectives de développer les énergies renouvelables, ce qui requiert encore du temps en raison, selon lui, de la « réalité des technologies et des infrastructures actuelles ».
Alors que M. el-Herbish s'exprimait, deux jeunes en overall orange sont montés le rejoindre sur scène, brandissant une banderole sur laquelle était écrit « Les Arabes sont plus qu'un puits de pétrole ». C'étaient des jeunes de l'association IndyAct, protestant contre les réserves exprimées par les pays pétroliers en général envers les mesures de réduction des émissions de CO2.
Le ministre émirati de l'Environnement, Rached ben Fahd, a insisté sur la politique de son pays qui consiste à « faire l'équilibre entre développement, progrès social et préservation de l'environnement », soulignant l'importance du projet IRENA d'énergies alternatives basé aux Émirats.
Moustapha Kamal Tolba, président du « Board of Trustees » de l'AFED, s'est pour sa part attardé sur le manque de données et de compétences dans le monde arabe, mis au jour dans la préparation du rapport, insistant sur la nécessité de conjuguer les efforts dans la région pour faire face au fléau.
Un public arabe largement conscient
Selon le rapport, la région arabe est très vulnérable, et le public arabe semble en être conscient, d'après un recensement effectué par l'AFED, qui montre que 98 % des personnes interrogées croient dans la réalité du changement climatique, 89 % pensent qu'il est dû aux activités humaines et une très petite proportion, 5 %, affirme ne pas savoir ce qu'est le changement climatique. C'est Nagib Saab, secrétaire général de l'AFED, qui a présenté ce chapitre. Un autre auteur, Ibrahim Abdel Jalil, s'est attardé sur les quelques efforts prodigués dans les pays arabes pour réduire les émissions.
L'impact de la hausse du niveau de la mer, l'une des principales menaces sur les pays arabes, a été détaillé par Mohammad el-Raey. Le delta du Nil sera incontestablement la première victime, mais aussi la Mauritanie, Bahreïn (qui risque de perdre jusqu'à 10 % de sa superficie), et bien d'autres villes arabes côtières. L'eau manquera aussi pour l'irrigation, d'où la nécessité de réformer les pratiques agricoles, de protéger les ressources hydrauliques, les écosystèmes et les forêts. C'est ce qui ressort de l'exposé d'Ayman Abou Hadid, auteur de ce chapitre.
Les pays arabes manqueront de sources d'eau douce à mesure que le réchauffement se précisera, cela est désormais bien connu et a été réaffirmé hier par Dia'eddine al-Qosy. Le Machreq, qui dépend beaucoup des fleuves, et le Maghreb, qui compte surtout sur les eaux de pluie, seront touchés. Les pays de la péninsule Arabique compteront de plus en plus sur la désalinisation, mais des mesures urgentes doivent être prises partout. Par ailleurs, toutes les conséquences du changement climatique - hausse des températures, modification des vents et arrivée d'insectes nouveaux, qualité de l'air, etc. - auront un écho sur la santé humaine, comme l'a montré Iman Nuweihed.
Salma Talhouk a étudié l'impact sur la biodiversité et les écosystèmes, sachant qu'un grand nombre d'espèces sont menacées, notamment celles qui sont confinées à des milieux très précis (au Liban, 10 espèces de mammifères, six espèces d'oiseaux...). L'infrastructure et le tourisme devront aussi connaître de nombreuses modifications pour résister au changement climatique, comme l'ont enfin montré Hamed Assaf et Abdellatif Khattabi.

