Abou Jamra
Commentant le mécontentement qu'aurait éprouvé le général Issam Abou Jamra concernant la manière dont la désignation des ministres a été faite au sein du CPL, M. Aoun a fait état d'un « chantier de réorganisation qui devrait avoir lieu au sein du courant d'ici à la fin de l'année ». « Nous bénéficions d'une liberté de conscience et les gens ont beau critiquer le CPL, il reste que nous sommes en train de nous développer de manière exponentielle », a-t-il indiqué avant d'affirmer que « ceux qui refusent de se soumettre à la ligne générale du CPL » ne resteront pas au sein de cette formation. Il a relevé que les prétendants à des postes ministériels sont nombreux et que les postes à pourvoir sont forcément plus rares, indiquant que « ceux qui y sont nommés ne doivent pas nécessairement être officiellement membres au sein du CPL et que les sympathisants peuvent tout aussi bien y accéder ». Il convient de rappeler que M. Abou Jamra avait fait savoir que « toutes les options restaient ouvertes » si M. Aoun ne réagissait pas à ses doléances. Ces propos de l'ancien général ont été prononcés dans le cadre d'un entretien accordé au quotidien al-Moustaqbal et dans lesquels il avait également dénoncé « les choix ministériels » du député du Kesrouan et avait menacé de fonder un mouvement de redressement au sein du CPL.
Les relations avec Bkerké
S'attardant d'autre part sur la relation de son bloc avec le patriarcat maronite de Bkerké et sur une éventuelle médiation que serait en train d'effectuer le député Ibrahim Kanaan, M. Aoun a pris soin de préciser qu'il n'avait « pas besoin de la médiation d'un député pour fixer un rendez-vous avec le patriarche maronite Nasrallah Sfeir à Bkerké. Lorsqu'il le faut, je peux prendre ma voiture et visiter Bkerké, rien n'empêche cette visite, mais je ne suis pas en mesure aujourd'hui de la confirmer. Notre relation avec Bkerké se traduit par une coexistence pacifique, mais chaque partie a sa propre tactique ». Concernant une éventuelle réconciliation chrétienne, il a précisé qu'il n'était « fâché avec personne » mais qu'il n'était pas d'accord avec certaines parties chrétiennes, « et c'est mon droit ». « Il faut que nous puissions nous mettre d'accord sur un objectif commun, et par le passé, nous prenions des positions depuis Bkerké sans que nous ayons besoin de nous réunir. »
Interrogé sur la relation qu'il entretient actuellement avec la Syrie, il a tenu à mettre en relief le fait qu'il n'y a a pas de « concurrence ni de course » entre lui et le Premier ministre Saad Hariri pour s'y rendre. « Je ne prépare pas une visite à Damas, un tel déplacement n'a pas besoin d'être préparé et je peux m'y rendre en tant que touriste, comme n'importe quel autre Libanais. »

