Samedi à Croke Park, la première mi-temps ne fut pas à l'avantage des Français, trop timorés à l'attaque. Mais le message de Raymond Domenech à la pause a été compris, et les Bleus devraient en tirer les leçons pour le retour.
« On était haut dans la hauteur du ballon (NDLR : engagés dans les duels aériens), pas haut sur le terrain. Notre jeu, ce n'est pas celui-là », a expliqué le sélectionneur.
« En première mi-temps, on est tombé un peu dans leur piège, on a voulu jouer leur jeu, des longs ballons, a acquiescé Patrice Evra. La deuxième période, on l'a abordée avec un autre état d'esprit, nos qualités, c'est-à-dire poser le ballon, jouer à terre, les faire courir. » C'est sans doute le programme qui attend les Irlandais en début de match demain soir.
Les Français ne prennent pas leur adversaire à la légère. « On connaît les Irlandais, ils ne renonceront pas comme ça », a prévenu Hugo Lloris.
Mais même la presse irlandaise reconnaissait que la France savait « jouer comme un champion » et qu'il faudrait « une baguette magique » à la bande de Robbie Keane pour s'en sortir.
Un mental solide
Sur les dernières sorties de l'équipe de France, les Bleus ont prouvé que leur mental était solide. Le 9 septembre, dans le redouté Marakana de Belgrade, réduits à dix dès la 9e minute et menés au score, ils ont livré leur match le plus accompli, obtenant un nul précieux (1-1). Samedi soir, les Bleus n'ont pas cillé dans l'ambiance incroyable de Croke Park, à l'image de Lassana Diarra qui s'est imposé d'entrée dans les duels en dépit de son petit gabarit (1,74 m, 73 kg). Alors, même si les 25 000 fans irlandais attendus au Stade de France risquent de donner plus de voix que les spectateurs français, les Bleus ne devraient pas être troublés, ni par l'ambiance ni par l'enjeu.
« Cette équipe a déjà montré, en Serbie, que la pression n'était pas un problème pour elle. On a montré un beau visage dans l'adversité. Cette équipe est en train de se créer, c'est dans des matches comme ça qu'on y arrive », a synthétisé Thierry Henry. « On a beaucoup appris des matches en Serbie et en Roumanie (2-2 le 11 octobre 2008, après avoir été menés 2 à 0 au bout de 17 minutes), et on savait qu'il fallait faire bloc », a renchéri Bakary Sagna.
Polémiques, critiques, piques : la routine
Avant le match de Belgrade en septembre, Henry avait été obligé de démentir toute brouille avec Domenech dans le 20h00 de TF1 en direct. Dans la semaine avant Éire-France, les joueurs irlandais et leur encadrement italien s'étaient déchaînés dans la presse contre Domenech. « C'était un match pas évident à aborder, les circonstances n'étaient pas idéales », a résumé Éric Abidal.
Et le match retour n'échappera pas à la règle. La télévision irlandaise a véhiculé une rumeur d'altercation entre Domenech et Henry, au sujet de Vieira, qui a agacé le sélectionneur français. La routine.

