Photo de famille des dirigeants de l’Apec. Saeed Khan/AFP
Un temps évoquée dans un projet de communiqué, la nécessité de maintenir « des taux de change orientés sur les marchés » a été supprimée de la déclaration finale.
Selon un diplomate ayant requis l'anonymat, cette référence a disparu après de vifs débats entre les États-Unis et la Chine, où Barack Obama doit se rendre pour une visite de trois jours dans le cadre de sa tournée asiatique.
M. Obama devrait aborder avec les dirigeants chinois la question délicate du yuan, la monnaie chinoise, que les industriels américains jugent largement et délibérément sous-évalué.
Le président américain a de nouveau plaidé hier pour un rééquilibrage de la croissance mondiale afin de prévenir toute nouvelle crise aux « conséquences dévastatrices pour nos citoyens, nos entreprises et nos gouvernements ».
« Nous avons atteint l'un de ces rares points d'inflexion de l'histoire, qui nous offre l'occasion de prendre un chemin différent, de poursuivre une nouvelle stratégie pour l'emploi et la croissance. Une croissance équilibrée, une croissance durable », a-t-il dit.
Dans leur déclaration finale, les chefs d'État de l'APEC s'engagent à « maintenir (leurs) politiques de relance tant qu'une reprise économique durable ne se sera pas installée ».
Le communiqué précise que la création d'emplois sera au cœur des politiques économiques alors que la montée du chômage dans les pays industrialisés met les gouvernements en difficulté.
« Au-delà des mesures de soutien pour la reprise, nous reconnaissons la nécessité de développer un nouveau modèle de croissance pour le paysage d'après-crise », ajoutent les dirigeants, appelant à « renforcer l'intégration économique régionale ».
Avant l'arrivée de Barack Obama à Singapour samedi, ses partenaires de l'APEC s'étaient inquiétés des tentations protectionnistes des États-Unis. Le président mexicain Felipe Calderon avait notamment dénoncé la multiplication des clauses « buy american » dans la législation américaine.
Les 21 États membres de l'APEC, qui représentent 40 % des échanges mondiaux, se sont en outre engagés à déployer davantage d'efforts pour conclure en 2010 le cycle de Doha sur la libéralisation du commerce international et ont réaffirmé « leur détermination à rejeter toute forme de protectionnisme ».
Le sommet a été marqué hier par le départ de la délégation péruvienne et de son président Alan Garcia en raison d'un différend avec le Chili, que Lima accuse d'espionnage. Le gouvernement de Santiago a rejeté ces allégations et accusé la délégation péruvienne d'avoir tiré des conclusions hâtives après l'arrestation d'un officier péruvien accusé d'espionnage par Lima au profit du Chili.
Singapour était par ailleurs le dernier grand rendez-vous international avant le sommet sur le réchauffement climatique de Copenhague, qui se tiendra du 7 au 18 décembre. Or, l'engagement en faveur d'une réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050, évoqué dans un projet intermédiaire, a disparu du communiqué final de l'APEC.
Hier, les dirigeants de l'APEC ont jugé « irréaliste » la conclusion d'un accord légalement contraignant sur le réchauffement climatique lors du sommet de Copenhague.
Après le sommet de l'APEC, Barack Obama devait rencontrer les dirigeants des pays membres de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean).

