La prochaine épreuve pour le gouvernement consistera à présenter son programme de travail, qui devra être entériné par les députés de la nation. Attendons-nous une innovation à ce niveau, ou bien le statu quo législatif et administratif l'emportera-t-il sur les aspirations des Libanaises et Libanais ? Doit-on élever la voix pour que le gouvernement introduise dans ce programme notre droit au travail, à la propriété, à la santé (accessible pour toutes les classes), à l'éducation (accessible et uniformisée) ; le droit à l'expression (tant violée dernièrement), à un procès équitable ; le droit à l'environnement ?...
Doit-on élever la voix pour que le gouvernement considère dans son programme la notion de Berytus Nutrix Legum (Beyrouth, mère des lois) afin de réviser des textes législatifs datant de l'Empire ottoman et proposer des projets de loi dans lesquels la femme jouira des pleins droits, surtout dans le domaine de la Sécurité sociale et du statut personnel ? Doit-on élever la voix pour que le gouvernement assume pleinement son rôle et s'engage dans la campagne mondiale pour la protection de l'environnement, une campagne qui tend à prévenir une catastrophe naturelle qui menace l'existence même de l'humanité ? Le prochain gouvernement sera-t-il assez visionnaire pour réaliser que le Liban dispose de ressources naturelles satisfaisantes pour promouvoir l'exploitation des énergies renouvelables (300 jours de soleil/an, ressources hydrauliques considérables...), ou bien les Libanais continueront-ils à payer le prix fort pour un pétrole originaire des pays frontaliers - des pays qui ont eux-mêmes activement participé à la formation de ce gouvernement ?
Doit-on élever la voix pour que le gouvernement encourage l'investissement direct étranger, levier principal pour la roue économique, ou bien des querelles idéologiques continueront-elles à affecter le climat des investissements ? Le gouvernement réalisera-t-il qu'il ne sert à rien de se barricader au Liban-Sud derrière une stratégie de résistance devenue obsolète, au moment où la ratification des conventions internationales pour la prévention des crimes de guerre, entre autres, le statut de la Cour pénale internationale aurait permis de déférer devant la justice internationale les auteurs des crimes de la guerre de juillet 2006 ?
Le prochain gouvernement envisagera-t-il des plans pour la lutte contre le trafic et l'exploitation sexuelle d'enfants, la violence domestique dans une société patriarcale, la culture du cannabis que l'on fait semblant d'éradiquer, le recrutement d'enfants soldats, la réforme du système judiciaire et des institutions publiques ?... Tant de problèmes négligés, parfois occultés, auxquels doivent faire face les Libanais - ces Libanais qu'on retrouve « unis et réunis » en espérant que la classe politique proposera des remèdes durables.
Au fait, un gouvernement d'« union nationale » est celui qui s'attaque à cette inquiétude qui entrave l'épanouissement de la société et non celui qui traite des querelles d'intérêts privés ou communautaires. Un gouvernement dont la tâche se voudra nationale en abordant des problèmes nationaux, afin d'éviter que le public ne devienne juste un public privé de ses intérêts.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine