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Liban - Éclairage

Sleiman lance de suite le chantier des réformes

On a perdu trop de temps, aux dépens du pays. Dès lors, le président de la République, le général Michel Sleiman, lance tout de suite le chantier des réformes. Il s'y était engagé avant même les législatives, annonçant que le 8 juin devrait marquer le démarrage du processus et annonçant la reprise prochaine du dialogue national sous son égide. Selon ses visiteurs, il certifie de nouveau que le programme de refonte étatique va se développer sur tous les plans et à tous les niveaux, institutionnel, politique ou administratif. Y compris le partage des prérogatives entre les présidences des trois pouvoirs. Pour le chef de l'État, partisan d'un cabinet d'union, il est évident qu'au Liban, l'action publique, quelle qu'elle soit, ne peut être que consensuelle. Selon lui, l'essentiel est que les pôles s'entendent pour gérer ensemble le pays dans un esprit de volonté nationale commune. Il rappelle que ce pays a pour vocation de relever, aux yeux du monde, le défi de la coexistence entre ses communautés. Le rejet de cette idée s'assimile à une empathie avec son antonyme déclaré, le sionisme.
Au-delà des thèmes généraux, le président Sleiman, toujours cité par ses visiteurs, attache une importance toute particulière à la réforme de l'appareil d'État, services administratifs en tête. Une machine grippée, minée par divers facteurs. Le président pense qu'il faut se tourner d'abord, pour alléger le déficit de rendement, vers le pourvoi des postes vacants. Ainsi que vers la réorientation des compétences effectives à travers un vaste mouvement de nominations et de permutations. L'effort devant se doubler d'une campagne de recrutement de jeunes talents pour injecter du sang neuf créatif à une administration sclérosée. Cela sous l'œil d'organismes de contrôle consolidés et de la loi souveraine.
Partant de l'élan donné par le président Sleiman, le nouveau gouvernement va sans doute consacrer ses premières réunions de travail aux critères à retenir pour amorcer le large mouvement administratif envisagé. Mais ce dossier est épineux. Car il met en jeu des rapports de force internes pointus, éclatés, sans connexion avec le clivage 8-14 Mars, et pour ainsi dire communautaires ou même individualisés. L'administration et ses postes sont en effet, de notoriété publique, des mamelles nourricières pour les professionnels de la politique. Plus ils ont d'hommes en place, plus ils ont des possibilités de rendre service, et plus leur influence est marquée. Idem, à un échelon relevé, pour les communautés en quête de défense d'intérêts propres.
Par ricochet, des alliances nouvelles, entre lobbies en quelque sorte, pourraient se forger au sein du gouvernement et, par conséquent, à la Chambre. Le tableau politique général pourrait en être altéré et devenir plus mobile, moins facilement définissable. Car les objectifs ponctuels et les contrats entre parties prenantes peuvent changer du tout au tout. Quelqu'un qui voudra protéger, ou améliorer, ses positions à l'Éducation cherchera ainsi à rester dans les bonnes grâces du ministre qualifié, ou de sa formation, ou de sa communauté, au risque d'en froisser d'autres. Et ainsi de suite.
Mais une décantation globale devrait se faire à la longue. De la valse initiale des chaises musicales pourrait surgir une promotion du mouvement centriste dans lequel Walid Joumblatt pourrait jouer un rôle primordial. Aux côtés d'autres, plus ou moins en mésentente avec leurs camps (de base) respectifs et avec leurs pôles. Ou qui estiment, en toute sincère conviction, qu'il est grand temps de sortir de l'affrontement bipolaire pour soutenir l'action unificatrice, nationale, de Baabda. C'est dans ce sens que pourraient aller des figures de proue comme le président Nabih Berry et Nassib Lahoud, tandis que Sleimane Frangié ne cache pas, de son côté, son empathie pour le régime. Enfin, et de plus, le chef du nouveau gouvernement, Saad Hariri, est lui-même résolu à mobiliser son équipe pour le chantier des réformes. En plein accord avec le chef de l'État, qui doit entreprendre une tournée arabe commençant par Damas.
On a perdu trop de temps, aux dépens du pays. Dès lors, le président de la République, le général Michel Sleiman, lance tout de suite le chantier des réformes. Il s'y était engagé avant même les législatives, annonçant que le 8 juin devrait marquer le démarrage du processus et annonçant la reprise prochaine du dialogue national sous son égide. Selon ses visiteurs, il certifie de nouveau que le programme de refonte étatique va se développer sur tous les plans et à tous les niveaux, institutionnel, politique ou administratif. Y compris le partage des prérogatives entre les présidences des trois pouvoirs. Pour le chef de l'État, partisan d'un cabinet d'union, il est évident qu'au...
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