Le général Aoun s'exprimait à l'issue de sa rencontre de plus de deux heures avec Saad Hariri, venu chez lui en milieu de journée réceptionner la liste des noms préparée par le chef du CPL. Ce dernier l'a retenu à déjeuner, en présence de Gebran Bassil et de Nader Hariri.
À l'issue de la rencontre, M. Hariri, interrogé par la presse, s'est contenté de dire : « Le déjeuner était bon et, inchallah, tout ira bien. »
De son côté, le général a déclaré : « J'ai rencontré aujourd'hui le Premier ministre. Je ne dis plus Premier ministre désigné, car je pense que nous avons franchi l'étape décisive. Une nouvelle page s'est ouverte dans les relations interlibanaises. Nous devons affronter le futur, et je parle ici du futur du pays et non du Courant du futur. »
Le chef du CPL a annoncé ensuite les noms des cinq ministres du Bloc du changement et de la réforme avec leurs attributions.
Selon lui, « il n'y a ni gagnant ni perdant dans l'affaire. Quand l'entente se produit, c'est la nation qui gagne, et par conséquent tout le monde ».
« Comme nous sommes parvenus à un accord sur la formation du gouvernement, nous parviendrons à des accords sur les projets. C'est la règle du jeu au sein du gouvernement », a poursuivi le général.
Interrogé sur le passage concernant les armes du Hezbollah dans la déclaration ministérielle, il a souligné que la question des armes était du ressort du dialogue national.
Prié de dire si M. Hariri l'avait informé de l'heure de l'annonce du gouvernement, le général a répondu : « Il m'a dit qu'il y avait encore quelques problèmes en suspens et qu'il espérait en avoir terminé en soirée. Il sait ce qu'il a à affronter. Cela fait cinq mois que j'entends dire que je suis celui qui entrave la formation du gouvernement. Mais puisque j'en ai fini une heure avant eux, cela signifie que je ne suis pas l'empêcheur de tourner en rond. »

