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Liban - Gouvernement

L’heure est aux arbitrages au sein de la majorité

À présent que l'opposition a donné le feu vert à la formation du cabinet d'union nationale, le Premier ministre désigné s'attelle à la tâche de départager les composantes de sa majorité.
Il ne fait pas de doute que la réunion tenue vendredi soir par les piliers de l'opposition - le président de la Chambre Nabih Berry, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, le chef du CPL Michel Aoun et le député Sleimane Frangié -, et qui a débouché sur un accord définitif sur la formule gouvernementale âprement négociée, a mis fin à l'interminable période de gestation et ouvert la voie à la formation du gouvernement d'union nationale.
Désormais, on sait de manière précise quels sont les portefeuilles qui iront à la majorité, à l'opposition et au président de la République. Les parts sont également claires au sein de la minorité entre le bloc aouniste, le Hezbollah et le mouvement Amal.
En outre, certains noms peuvent déjà être considérés comme définitifs, les autres devant être fixés dans les heures ou les jours qui viennent, en fonction d'abord de la liste que doit présenter le général Aoun à Saad Hariri, lors d'une rencontre entre les deux hommes censée avoir lieu aujourd'hui, et ensuite des arbitrages que fera M. Hariri au sein même de la majorité.
Il semble d'ores et déjà acquis que le ministère de l'Énergie sera attribué au ministre sortant des Télécoms, Gebran Bassil. Ce dernier devrait, en principe, céder la place à un autre partisan aouniste, Georges Baroud, expert en matière de télécommunications.
Un troisième ministère, celui du Tourisme, irait soit à Nicolas Sehnaoui, candidat aouniste malheureux aux élections législatives à Achrafieh, soit à un proche parent de Nadim Lteif, un partisan de la première heure.
Le problème qui se pose à cet égard, c'est qu'en fonction des noms que choisira le chef du CPL, l'équilibre confessionnel et géographique du cabinet s'en trouvera modifié dans un sens ou dans l'autre, et cela nécessitera des réajustements de la part du Premier ministre désigné.
Mais ce sont les tiraillements du dernier quart d'heure au sein de la majorité même qui risquent à présent de retarder quelque peu l'annonce de la mise en place du cabinet.
Le président du comité exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, a ainsi indiqué à L'Orient-Le Jour que la naissance du gouvernement est une affaire de quelques jours, et non de quelques heures.
Les plus optimistes espéraient hier que l'affaire soit conclue lundi soir ou mardi au plus tard, mais M. Geagea pense plutôt que l'issue se situera quelque part entre mardi et vendredi.
Deux portefeuilles, revenant à la majorité, font actuellement l'objet de tractations. Il s'agit d'abord de la Justice, que les FL voudraient garder pour le ministre sortant, Ibrahim Najjar, alors même que le député Boutros Harb le brigue.
Si M. Harb accepte de céder ce ministère, ce qui pour le moment semble difficile, il pourra hériter de celui de l'Information ou bien d'un ministère d'État. Sauf que, dans le premier cas, il faudrait penser à recaser le député Michel Pharaon, déjà pressenti pour ce poste.
Les Forces libanaises devraient en outre pouvoir compter sur un autre portefeuille, celui des Affaires sociales, et les noms cités pour ce poste sont soit Imad Wakim (grec-orthodoxe), soit Fady Saad (maronite).
L'autre nœud qui demeure est celui du ministère de l'Éducation, que briguent fortement les Kataëb pour Sélim Sayegh. Dans la mouture préparée par le Premier ministre désigné, M. Sayegh se voit attribuer le ministère du Travail alors que l'Éducation est appelée à demeurer dans le giron haririen avec le sunnite Hassan Mneimné. Mais les Kataëb ont rejeté l'offre et ils soulignent la nécessité d'une rotation à l'Éducation, tenue depuis de longues années par des ministres sunnites. Le président du parti, Amine Gemayel, s'est rendu hier chez M. Hariri ainsi que chez le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, pour faire connaître sa position à cet égard. Et il semble, à en croire des sources informées, que le patriarche, ainsi d'ailleurs que le président de la République sont eux aussi favorables à l'attribution de ce ministère à un chrétien.
Dans les milieux de la majorité, on s'efforce cependant de minimiser l'importance de ces tiraillements. Le député Samy Gemayel a ainsi estimé normal que l'on consacre 24 heures aux tractations entre les composantes de la majorité « après des mois d'entraves » de la part de l'opposition.
Pour ce qui est des autres ministères, on sait désormais que le Hezbollah disposera de deux portefeuilles : l'Agriculture, qui serait attribué au député Hussein Hajj Hassan, et le Développement administratif, au ministre sortant du Travail, Mohammad Fneich.
Le bloc Berry aura, lui, trois ministères : les Affaires étrangères, d'abord, avec Ali Chami ou Mahmoud Berry, la Santé, à la tête de laquelle Mohammad Jawad Khalifé serait maintenu, et enfin la Jeunesse et les Sports, qui irait à Ali Abdallah.
Il reste un portefeuille pour l'opposition, celui de l'Industrie, pour lequel le Tachnag a présenté la candidature de Nazareth Sabounjian, et un ministère d'État, qui serait attribué à un partisan de Sleimane Frangié, Youssef Saadé.
En ce qui concerne la part du chef de l'État, le maintien d'Élias Murr à la Défense et de Ziyad Baroud à l'Intérieur est acquis. Quant aux trois ministères d'État concernés, ils devraient revenir à un sunnite (Adnan Kassar), un chiite (Adnan el-Sayyed Hussein) et un grec-catholique (Talal Makdessi). Mais en fonction d'éventuels rééquilibrages, le président pourrait se retrouver sans ministre grec-catholique et avec deux grecs-orthodoxes.
Enfin, pour ce qui est de la majorité, les Finances seront du lot de la haririenne Raya el-Hassan, de même que la Culture, qui irait à Radwan el-Sayyed. L'Économie resterait aux mains de Mohammad Safadi, et un autre membre du cabinet sortant, Tarek Mitri, hériterait d'un ministère d'État, au même titre que Jean Oghassabian.
Le Bloc démocratique de Walid Joumblatt verrait deux de ses ministres sortants, Ghazi Aridi (Travaux publics) et Waël Bou Faour (ministre d'État), maintenus à leur poste, ainsi que le retour du député Akram Chehayeb à l'Environnement.

Il ne fait pas de doute que la réunion tenue vendredi soir par les piliers de l'opposition - le président de la Chambre Nabih Berry, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, le chef du CPL Michel Aoun et le député Sleimane Frangié -, et qui a débouché sur un accord définitif sur la formule gouvernementale âprement négociée, a mis fin à l'interminable période de gestation et ouvert la voie à la formation du gouvernement d'union nationale.Désormais, on sait de manière précise quels sont les portefeuilles qui iront à la majorité, à l'opposition et au président de la République. Les parts sont également claires au sein de la minorité entre le...
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