Pour Samir Frangié, « les armes syriennes ont paralysé l'État en 2000 et l'ont placé sous leur tutelle de facto ». « Aujourd'hui, les armes sont en dehors de l'État et portent atteinte à la souveraineté, paralysent les institutions. La position du patriarche exprime un sentiment général partagé par les Libanais. Quatre mois se sont en effet déroulés sans gouvernement », a ajouté M. Frangié, qui a confié que l'objet de sa visite tendait également à examiner « le rôle qui pourrait être joué par les chrétiens pour sortir de cette impasse et pour tenter de reconnecter les gens. C'est là le rôle historique qui leur est imparti, être une force de cohésion dans ce pays ».
Abordant en outre les résultats médiocres réalisés par la table de dialogue, Samir Frangié a estimé qu'il revenait désormais au président de la République de « poser une nouvelle fois la question des armes, de manière sérieuse », car celle-ci doit être débattue par toutes les parties puisqu'il existe, dans ce dossier, « une responsabilité commune qui doit être supportée par tous ». « Le rôle du président de la République est de poser cette problématique qui paralyse les institutions et qui représente un danger pour notre avenir national. Il est également demandé à ceux qui détiennent ces armes d'être désormais conscients que cet arsenal ne les mènera nulle part car aucune réalisation ne peut être effectuée par le biais des armes dans un pays comme le Liban. Il faut qu'ils intègrent le dialogue afin de parvenir à une solution concrète. » Toute la question est de savoir, a renchéri M. Frangié, « si le président est encore capable de lancer un dialogue sérieux autour de ce dossier ».
Sur le processus de formation du gouvernement, l'ancien député a espéré que l'optimisme qui prévaut depuis quelques jours soit « sérieux », car un pays qui reste dénué de gouvernement quatre mois durant est un pays en danger.

