Liban

Les étudiants du 14 Mars auraient remporté les élections de l’USJ

Vie universitaire
George ACHI | OLJ
04/11/2009
Les étudiants qui réclament des élections moins politisées à l'USJ n'ont toujours pas obtenu satisfaction. Les candidats se partagent encore entre 14 et 8 Mars, avec quelques indépendants. Le 14 Mars aurait remporté la majorité des sièges dans les onze facultés des différentes régions. Un seul incident est à déplorer : une bagarre au sujet d'un drapeau, qui a fait trois blessés légers. Reportage sur le campus Huvelin.

Comme tous les ans, hier matin, le campus des sciences sociales de l'Université Saint-Joseph (USJ), rue Huvelin, s'était transformé en bunker à l'occasion des élections étudiantes. Comme tous les ans, les forces spéciales de l'armée s'étaient postées devant le portail principal, et il fallait montrer patte blanche pour entrer dans la faculté. Comme tous les ans, les rivalités politiques ont fait monter la tension entre certains étudiants.
« Une élection n'est pas un sondage », déplore Tania Farah, 19 ans, candidate de la liste Trait d'union. Selon elle, les étudiants élus au sein des amicales devraient se contenter de traiter d'affaires qui concernent l'université. « Il ne s'agit pas de tester la popularité des partis politiques et de donner des chiffres pour faire plaisir aux journaux », explique-t-elle. Trait d'union, la liste qu'elle représente, a été créée en 2007 pour faire contrepoids à la politisation des élections au sein de la faculté de droit. Selon Tania Farah, le succès de cette liste aurait poussé les candidats traditionnellement affiliés à des partis à mettre de côté leurs couleurs politiques.
Serait-il alors possible d'étendre ce succès aux autres facultés ? Oui, répond la jeune étudiante. C'est dans ce but que les membres de Trait d'union essaient aujourd'hui de transformer leur liste en association, une association qui leur servirait de fer de lance pour mener des réformes dans la vie étudiante - en toute indépendance. « Par exemple, explique Mlle Farah, il faudrait décentraliser la nomination des candidats. Ceux-ci devraient être choisis par les classes, pas désignés par deux ou trois responsables. »
En attendant, de l'autre côté du campus, les partis politiques n'ont visiblement pas l'intention de lâcher leur emprise sur les élections étudiantes. Il y a un an, un accord tacite entre les candidats avait instauré un système de dénominations (a)politiquement correct des listes, qui n'étaient jamais désignées par leur affiliation politique. Rien n'était caché, mais on ne parlait pas directement de « liste du 14 Mars » ou de « liste du 8 Mars » ; certains avaient cru à un premier pas vers la dépolitisation. Cette année, retour en arrière : les listes ont bien des noms (« B+ » ou « Réforme ») mais les candidats affiliés n'hésitent pas à se présenter officiellement comme représentants de leurs camps politiques. « Le 14 Mars essaie de créer une discrimination confessionnelle entre les étudiants, déclare Waël Harb, étudiant et représentant du Hezbollah. Nous, au sein du 8 Mars, nous essayons de mettre en valeur les choses positives qui existent déjà, pour aller de l'avant. » Les candidats affiliés aux partis de l'opposition défendent ainsi un programme qu'ils disent basé sur l'ouverture sociale et la lutte pour les droits des étudiants. Un autre de leurs combats : la lutte contre le scrutin proportionnel, instauré cette année par le rectorat de l'USJ. « Que vous ayez 20 % ou 50 % des voix, vous obtenez une place, explique M. Harb. Ce n'est pas normal. La proportionnelle n'est pas un bon système dans un groupe restreint comme celui d'une faculté. » Sur ce point-là, certains candidats du 14 Mars sont d'accord. « Je pense que ce système est limitatif des libertés publiques », explique Bachir Sayegh, candidat affilié aux Forces libanaises. Le jeune homme admet toutefois que le scrutin sur base de la proportionnelle a permis une campagne plus calme : « Dans certaines facultés, des minorités seront représentées, alors qu'elles savaient qu'elles n'avaient aucune chance dans l'ancien système », affirme-t-il. Le programme de M. Sayegh, comme celui d'autres candidats affiliés au 14 Mars, se concentre sur la promesse d'événements culturels. « L'année dernière, l'amicale aux mains de l'opposition n'a rien fait dans ce domaine, dénonce-t-il. C'est pour cela que nous parlons de réforme. »
À la fin de la journée, le recoupement des premiers résultats fournis par les partis politiques pour l'ensemble des facultés (11 000 étudiants, répartis sur 11 facultés, 1 école et divers instituts) indiquait une victoire du 14 Mars avec une faible majorité, mais les résultats officiels ne seront fournis par l'université que la semaine prochaine. Le calme a été maintenu sur le campus pendant la journée de vote. Seule une bagarre s'est produite entre des partisans des Forces libanaises et d'Amal, près de l'entrée du campus Huvelin, après que l'un des groupes eut brandi le drapeau d'un parti politique.

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