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Liban - La Situation

Gouvernement : cette fois, les chances semblent plus réelles…


Faut-il y croire ? Toutes les indications laissent penser que la formation du gouvernement devrait être annoncée au plus tard d'ici à la fin de la semaine. Lundi, les plus optimistes étaient le président de la Chambre dont les proches annonçaient la naissance tant attendue pour jeudi au plus tard et les milieux de la présidence de la République. Mais hier, le Hezbollah s'est joint à ce club et Mohammad Raad a annoncé aux journalistes que la décision finale n'était plus qu'une question d'heures, soit le gouvernement est formé, soit le Liban devra affronter une crise ouverte à l'issue incertaine.
Que s'est-il donc passé pour que le climat à Aïn el-Tiné, Baabda et Haret Hreik penche vers le beau temps, après des mois de marasme ? Des sources proches de l'opposition rappellent qu'après avoir longtemps refusé de se mêler « du potage gouvernemental », le président syrien Bachar el-Assad, qui doit se rendre dans les prochains jours en France, aurait décidé de peser dans le sens de la formation du gouvernement pour que ce dossier ne constitue pas un bémol dans ses entretiens avec son homologue français. Il a donc rencontré le député Sleiman Frangié le samedi 24 octobre et lui aurait demandé de faire de son mieux pour accélérer la formation du gouvernement. Frangié a aussitôt pris contact avec le Premier ministre pressenti et avec le chef du CPL. Il a en quelque sorte rempli le rôle d'intermédiaire entre eux et c'est à ce moment-là qu'il a annoncé sa décision de se contenter d'un ministère d'État si cela pouvait faciliter la solution. Frangié a ainsi levé un des obstacles devant la formation du gouvernement, puisque Aoun réclamait cinq portefeuilles alors que Saad Hariri ne pouvait lui en donner que quatre s'il ne voulait pas susciter la colère de ses alliés chrétiens. Il restait encore à déterminer ces quatre portefeuilles. Entre réunions, propositions et contre-propositions, le résultat final a abouti à redonner au Bloc du changement et de la réforme les portefeuilles des Télécommunications et de l'Énergie. Aoun obtiendrait aussi les Affaires sociales (qu'il a déjà) ou le Travail (actuellement détenu par un ministre du Hezbollah. Mais le parti n'a pas d'exigence particulière. Il souhaite seulement avoir deux ministres et accepterait le portefeuille du Développement administratif) et la Culture à la place de l'Agriculture, après avoir refusé le ministère des Déplacés considéré comme un cadeau empoisonné. Les Forces libanaises conserveraient leurs deux portefeuilles, la Justice et l'Environnement, et les Kataëb prendraient l'Industrie à la place du Tourisme et se contenteraient ainsi d'un seul portefeuille mais plus important que le précédent.
Les principaux obstacles seraient ainsi levés et il ne resterait plus qu'à préciser les noms dans chaque camp. Mais là aussi, il y a un problème à résoudre. Saad Hariri a finalement accepté que Gebran Bassil soit de nouveau ministre, mais face à la pression de ses alliés, il ne voudrait pas lui redonner les Télécommunications. Au bout de longues négociations, la dernière formule trouvée serait de lui confier l'Énergie, autrement dit de procéder à un échange entre lui et Alain Tabourian. Mais dans les milieux du CPL, on estime que cette démarche est injustifiée. À partir du moment où la majorité a accepté le principe du gouvernement d'union, celui du partage des portefeuilles et l'idée de désigner des candidats malheureux aux législatives comme membres du gouvernement, il n'y a aucune raison de ne pas maintenir Bassil à son poste surtout qu'il y a fait, de l'avis de tous, du bon travail... Les partisans de la thèse de la permutation avancent de leur côté l'argument suivant : on ne peut pas faire comme si les élections législatives de juin 2009 n'avaient pas eu lieu et maintenir un candidat malheureux à son poste équivaudrait à bafouer le choix des électeurs. C'est sur ce point et sur d'autres petits détails que bute encore la formation du gouvernement, qui, selon Aïn el-Tiné, devrait quand même être annoncée dans les plus brefs délais.
Mais l'élément le plus important de ces négociations qui n'intéressent presque plus personne reste le rôle de Sleiman Frangié et son rapprochement spectaculaire avec Saad Hariri. Alors que depuis le 14 février 2005, date de l'assassinat de Rafic Hariri, les deux hommes entretiennent des relations en dents de scie, ils ont réussi au cours des deux dernières semaines à établir un climat de confiance entre eux. Des sources proches du Courant du futur révèlent que le Premier ministre désigné considère l'initiative de Frangié de se contenter d'un ministère d'État comme un signe de bonne volonté et la base de relations beaucoup plus étroites. Certains vont même jusqu'à dire que le rapprochement entre Frangié et Hariri serait le prélude à un rapprochement entre Hariri et Damas, d'autant que le président Assad a fait à deux reprises l'éloge de Saad Hariri devant le roi Abdallah d'Arabie... Frangié d'un côté, Joumblatt de l'autre, chacun cherche à sa manière à pousser Saad Hariri à se repositionner politiquement, dans le sens du rapprochement syro-saoudien qui a été considéré par le ministre français Bernard Kouchner comme le seul événement régional qui porte à l'optimisme. Mais Joumblatt cherche en plus à rétablir les liens entre Hariri et Berry refroidis depuis que le président de la Chambre a refusé, avec son bloc parlementaire, de nommer Hariri à la tête du gouvernement lors des secondes consultations obligatoires.
Tous ces changements ne peuvent toutefois se concrétiser sans la formation du gouvernement... Les médiateurs parviendront-ils à dénouer les derniers nœuds ? Réponse dans les prochains jours.
Faut-il y croire ? Toutes les indications laissent penser que la formation du gouvernement devrait être annoncée au plus tard d'ici à la fin de la semaine. Lundi, les plus optimistes étaient le président de la Chambre dont les proches annonçaient la naissance tant attendue pour jeudi au plus tard et les milieux de la présidence de la République. Mais hier, le Hezbollah s'est joint à ce club et Mohammad Raad a annoncé aux journalistes que la décision finale n'était plus qu'une question d'heures, soit le gouvernement est formé, soit le Liban devra affronter une crise ouverte à l'issue incertaine. Que s'est-il donc passé pour que le climat à Aïn el-Tiné, Baabda et Haret Hreik penche vers le beau temps, après...
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