Sur le site de l'attaque, des ambulances se relayaient pour recueillir les blessés, tandis que des secouristes tentaient de rassembler des fragments de corps mutilés, certains complètement carbonisés et d'autres fraîchement ensanglantés, a constaté un journaliste de l'AFP. L'explosion était si violente que des corps ont été projetés à plus de 50 mètres. Des dizaines de voitures, motos et vélos maculés de cendres, des bottes militaires, des vêtements et une sandale de femme jonchaient le sol. « Une odeur de chair brûlée a rempli l'atmosphère et je me suis évanoui lorsqu'un objet très dur m'a heurté à la tête », se souvient Mohammad Mushtaq, un soldat de 22 ans blessé lors de l'attentat. Rawalpindi a déjà été frappée à de nombreuses reprises par des attaques visant l'armée, qui a annoncé un nouveau succès dans son opération au Waziristan, avec la prise d'un « centre opérationnel » des talibans et des islamistes ouzbeks. « Kanigurram a été complètement nettoyée de ses terroristes », a déclaré le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Athar Abbas, au cours d'une conférence de presse.
Depuis le 17 octobre, plus de 30 000 soldats, appuyés par des avions de combat, des hélicoptères d'attaque et des tirs d'artillerie lourde, mènent une opération visant à déloger les talibans de leur bastion du Sud-Waziristan, dans les zones tribales frontalières de l'Afghanistan. Près de 250 000 personnes - sur une population estimée à 300 000 habitants dans les districts visés par l'opération - ont fui le Waziristan du Sud, selon les autorités.
Ces violences ont conduit hier les Nations unies à retirer leur personnel expatrié de la Province de la frontière du Nord-Ouest (NWFP) et des zones tribales du Pakistan, à l'exception de ceux engagés dans des opérations jugées vitales. La capitale de la NWFP, Peshawar, a été frappée mercredi par l'explosion d'une voiture piégée qui a fait 134 morts et disparus, le second attentat le plus meurtrier de l'histoire du pays. Hier soir, deux kamikazes se sont fait exploser à un poste de contrôle de la police à Lahore, deuxième ville du Pakistan, blessant 7 personnes, a-t-on appris de source policière. L'attaque s'est produite à l'échangeur de Babu Sabu, à l'entrée de la ville située dans l'est du Pakistan, qui conduit aussi vers la capitale Islamabad et Peshawar, dans le nord-ouest du pays.

