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Clinton tente de relancer le processus de paix mais le fossé s'élargit

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton est arrivée samedi en Israël pour tenter de relancer le processus de paix au Proche-Orient, bloqué depuis près d'un an, alors que le fossé semble s'élargir encore entre Israéliens et Palestiniens.

La chef de la diplomatie américaine doit avoir des entretiens dans la soirée avec son homologue israélien Avigdor Lieberman, le ministre de la Défense Ehud Barak et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Avant d'arriver, un haut diplomate du département d'État a reconnu que la situation au Proche-Orient traversait une "période difficile" tout en soulignant qu'"aucune partie n'a fermé la porte" à une reprise des négociations de paix.

"Nous sommes dans une meilleure position qu'il y a neuf mois", a déclaré le diplomate à des journalistes voyageant avec Mme Clinton, en référence à la dernière offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza (27 décembre 2008-18 janvier 2009).

Toutefois, quelques heures auparavant, le président palestinien Mahmoud Abbas avait rejeté une offre américaine pour une reprise des négociations avec Israël sans un gel total de la colonisation israélienne, lors d'une rencontre avec Mme Clinton à Abou Dhabi.

La colonisation, qu'Israël refuse de stopper complètement malgré les pressions internationales, constitue la principale pierre d'achoppement à la reprise des négociations.

"Le fossé entre nous (Israéliens et Palestiniens) est très profond et il s'élargit davantage", a estimé le négociateur palestinien Saëb Erakat, qui a qualifié l'entretien entre M. Abbas et Mme Clinton de "franc et difficile". "Au nom de l'administration américaine, Mme Clinton a demandé de reprendre les négociations entre les deux parties sur la base d'un accord auquel est parvenu l'émissaire américain George Mitchell avec Israël, un accord qui ne prévoit pas un arrêt total de la colonisation", a dit à l'AFP M. Erakat. "Le président Abbas a informé Mme Clinton de son refus absolu d'une reprise des négociations avec Israël" dans de telles conditions, a-t-il ajouté lors d'une conversation téléphonique depuis Abou Dhabi.

Après sa rencontre avec Mme Clinton, M. Abbas a déclaré à des journalistes n'avoir relevé "rien de nouveau" qui puisse permettre une relance du processus de paix. "Israël campe sur sa position", a-t-il déploré, dénonçant l'"intensification de la politique des implantations" à Jérusalem-est (annexée en 1967 par Israël). "Cette question (de Jérusalem) a été au coeur des discussions avec Mme Clinton", a-t-il dit, ajoutant que "Jérusalem est en danger et sans Jérusalem, il n'y aura pas de paix". M. Abbas a exhorté "l'administration américaine, en tant que médiateur, à obliger Israël à respecter ses engagements", y compris à Jérusalem-est dont l'annexion "n'est pas reconnue par les États-Unis et la communauté internationale".

Côté israélien, le ministre de la Défense Ehud Barak a insisté sur la nécessité de relancer les négociations "dans les semaines qui viennent". "Il est essentiel que les deux camps fassent un effort pour démarrer les discussions. Cette occasion est unique. Une impasse ne servirait que le Hamas (le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza) et les éléments radicaux dans la région", a-t-il déclaré avant l'arrivée de Mme Clinton.

Après Israël et l'étape aux Émirats arabes unis en provenance du Pakistan, les efforts de paix américains se poursuivront en début de semaine au Maroc. Mme Clinton est attendue au Forum pour le Futur de Marrakech, où elle compte s'entretenir du processus de paix avec l'ensemble de ses homologues arabes. La relance du processus de paix israélo-palestinien est l'une des priorités de politique étrangère du président Barack Obama qui y voit la clé de relations apaisées entre l'Amérique et le monde arabe.


La chef de la diplomatie américaine doit avoir des entretiens dans la soirée avec son homologue israélien Avigdor Lieberman, le ministre de la Défense Ehud Barak et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Avant d'arriver, un haut diplomate du département d'État a reconnu que la situation au Proche-Orient traversait une "période difficile" tout en soulignant qu'"aucune partie n'a fermé la porte" à une reprise des négociations de paix.
"Nous sommes dans une meilleure position qu'il y a neuf mois", a déclaré le diplomate à des journalistes voyageant avec Mme Clinton, en référence à la dernière offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza (27 décembre 2008-18 janvier 2009).
Toutefois, quelques...