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Liban - Éclairage

Tractations intenses sur plusieurs variantes

Rien n'est encore fait. Mais les tractations entre quatre murs vont bon train. Autour de la formule 15-10-5, Saad Hariri a tissé plusieurs variantes. Mais le député Michel Aoun n'en démord pas : il refuse catégoriquement que la rotation affecte sa part ministérielle alors que d'autres resteraient épargnées. En termes concrets, il ne veut pas que les Télécoms lui échappent. Il rejette de même tout veto qui lui serait opposé, que cela soit au sujet des ministères ou des ministrables. Il affirme qu'il doit être traité comme les autres pôles concernés, qu'il n'entend pas être le seul à payer le prix, comme s'il était l'unique perdant des législatives. Il souligne enfin que, tout au contraire, il est le seul à avoir progressé puisque son bloc parlementaire est passé de 21 à 27 membres. Il est dès lors parfaitement en droit de présenter ses conditions pour intégrer un cabinet d'union nationale, répète-t-il.
Cette obstination, les loyalistes y voient en réalité l'action, à peine masquée, du Hezbollah. C'est donc ce parti qui, à leurs yeux, est responsable du blocage. Ils redisent que le parti chiite se sert de Aoun comme d'un paravent pour éviter de paraître se dresser contre Hariri. Car la discorde sunnito-chiite est prohibée autant par l'Iran que par l'Arabie saoudite.
Cependant, des sources opposantes conviennent que les récentes positions américaines, illustrées par les propos de Jeffrey Feltman, pourraient aider à dénouer la crise. Le secrétaire adjoint du département d'État US pour les Affaires du Moyen-Orient, ancien ambassadeur à Beyrouth et grand spécialiste du dossier libanais, a en effet souscrit à la formule 15-10-5. Donc à un cabinet qui ne serait pas monochrome et engloberait le 8 Mars, Hezbollah compris, bien qu'il ne l'ait pas précisé.
Mais les loyalistes relèvent que la réaction des opposants reste purement verbale. En actes, prosyriens et pro-iraniens continuent sur leur lancée obstructionniste, confirmant ce qu'ils avançaient déjà avant les élections. À savoir que, s'ils venaient à les perdre, cela ne changerait rien à rien et qu'ils maintiendraient leurs exigences. Ajoutant, pour mieux se faire comprendre, que le scrutin n'avait qu'une portée ordinaire, routinière, sans rien de crucial pour le devenir politique du pays. De fait, ils agissent comme si les résultats des législatives ne signifiaient strictement rien. Et ils vont même jusqu'à remplacer le terme de participation par le vocable de partenariat, la différence étant que, dans le second cas, le partage du pouvoir réel se fait à parts égales, sans avantage pour la majorité. Le 8 Mars s'en tient donc à l'arrangement de Doha. Avec même une amélioration pour lui : au lieu du tiers de blocage, qui laisse une marge décisionnelle importante à la majorité pour les questions ordinaires où les deux tiers ne sont pas requis, il exige que toutes les décisions soient prises à l'amiable, sans recours au vote.
S'il devait en être ainsi, relève un député membre du bloc Liban d'abord, ce que Hariri aurait à diriger, ce serait une sorte de collège de gouvernements variés. Le gouvernement du Hezbollah, le gouvernement d'Amal, le gouvernement de Aoun, le gouvernement de Joumblatt, le gouvernement de la majorité, le gouvernement des centristes... Et le président du Conseil n'aurait plus d'autre occupation que de lier toutes ces sauces entre elles pour que la marmite n'explose pas. Le manque total de cohésion, souligne le député cité, maintiendrait le pays en état de paralysie marquée, sans réalisation de projets ni redressement économique. D'autant qu'on voit mal comment l'obstacle de la déclaration ministérielle pourrait être surmonté. On sait en effet que des loyalistes estiment indispensable que ce document, qui étale le programme du gouvernement, traite, dans un esprit d'État de droit, de l'armement du Hezbollah, milicien ou résistant, au choix.
De plus, thème connu, un cabinet dit d'union signifie la liquidation de la démocratie, de Taëf et de la Constitution. Il réduit la Chambre, forcément, à un rôle de fantôme. C'est bien pourquoi le patriarche Sfeir revient à la charge contre l'hérésie d'un gouvernement alliant l'eau et le feu, alors que la majorité doit gouverner et la minorité s'opposer. Il tire également la sonnette d'alarme en soulignant que l'on ne peut marier la notion d'État et l'armement, la mentalité milicienne de mini-État et l'État tout court. Le patriarche met le doigt sur la double plaie. Mais il a peu de chances d'être vraiment entendu, même par la majorité.
Rien n'est encore fait. Mais les tractations entre quatre murs vont bon train. Autour de la formule 15-10-5, Saad Hariri a tissé plusieurs variantes. Mais le député Michel Aoun n'en démord pas : il refuse catégoriquement que la rotation affecte sa part ministérielle alors que d'autres resteraient épargnées. En termes concrets, il ne veut pas que les Télécoms lui échappent. Il rejette de même tout veto qui lui serait opposé, que cela soit au sujet des ministères ou des ministrables. Il affirme qu'il doit être traité comme les autres pôles concernés, qu'il n'entend pas être le seul à payer le prix, comme s'il était l'unique perdant des législatives. Il souligne enfin que, tout au...
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