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Liban - Citoyen Grognon

Non-fumeur au placard !

Avez-vous déjà essayé de demander, lorsque vous entrez dans un restaurant au Liban, d'être placé dans un coin non fumeur ? Avez-vous observé la mine ahurie de l'hôtesse d'accueil ou du garçon chargé de vous placer, face à votre question ? « Il n'existe pas de coin non fumeur », finit par dire l'un ou l'autre, contrit. Belle soirée en perspective pour un non-fumeur. Qu'il soit client ou employé d'un restaurant. Obligé d'inhaler la fumée des autres. Tenu de cohabiter avec les intoxiqués de cigarettes, de cigares ou de narguilés. Et de puer la cigarette, jusque dans ses habits, jusque dans ses cheveux, jusque dans sa peau. Contraint de respirer les 309 particules chimiques au mètre carré, une moyenne dix fois supérieure à la limite fixée par l'Organisation mondiale de la santé et qui feront de lui un fumeur passif, pour une soirée de plus, bien malgré lui.
Ce n'est pas uniquement dans les restaurants, les pubs ou les boîtes de nuit que les non-fumeurs sont ainsi déboutés. Quasiment partout, les fumeurs sont les rois des lieux publics. Au supermarché, à l'aéroport, dans les grandes surfaces, dans les administrations publiques... Les non-fumeurs, eux, doivent s'adapter, faire avec, supporter. Sans rechigner, je vous prie. Et tant pis pour leurs poumons et leur santé. Tant pis pour leur refus du tabagisme et leur liberté de choix.
Même dans les entreprises, les non-fumeurs obtiennent rarement gain de cause. Après quelques timides et infructueux essais de réglementer le tabac, les directions finissent souvent par baisser les bras, face à la pression des fumeurs, incapables de se discipliner, mais qui revendiquent toujours plus d'espace. Au grand dam des non-fumeurs fatigués de faire la police.
Des initiatives se mettent en place, certes. Comme l'opération non fumeur qui s'est déroulée mercredi soir dans 35 pubs et restaurants de Gemmayzé, à l'appel des Rotaract de Beyrouth et du Sahel-Metn. Louable opération ! Mais ces initiatives resteront orphelines tant que le Liban n'aura pas promulgué une loi interdisant le tabac dans les lieux publics, de même que la publicité liée au tabac. Une loi bloquée depuis plusieurs années au Parlement et qui semble avoir été reléguée aux oubliettes. Difficile de comprendre le pourquoi du comment, alors que le pays a ratifié, il y a quatre ans déjà, la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac. Alors que plus de 3 500 citoyens meurent chaque année d'une maladie directement liée au tabagisme.
Mais la santé des citoyens n'est toujours pas prioritaire au Liban. L'argent généré par le tabac est tellement plus alléchant !
Avez-vous déjà essayé de demander, lorsque vous entrez dans un restaurant au Liban, d'être placé dans un coin non fumeur ? Avez-vous observé la mine ahurie de l'hôtesse d'accueil ou du garçon chargé de vous placer, face à votre question ? « Il n'existe pas de coin non fumeur », finit par dire l'un ou l'autre, contrit. Belle soirée en perspective pour un non-fumeur. Qu'il soit client ou employé d'un restaurant. Obligé d'inhaler la fumée des autres. Tenu de cohabiter avec les intoxiqués de cigarettes, de cigares ou de narguilés. Et de puer la cigarette, jusque dans ses habits, jusque dans ses cheveux, jusque dans sa peau. Contraint de respirer les 309 particules chimiques au mètre...
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