Ce n'est pas uniquement dans les restaurants, les pubs ou les boîtes de nuit que les non-fumeurs sont ainsi déboutés. Quasiment partout, les fumeurs sont les rois des lieux publics. Au supermarché, à l'aéroport, dans les grandes surfaces, dans les administrations publiques... Les non-fumeurs, eux, doivent s'adapter, faire avec, supporter. Sans rechigner, je vous prie. Et tant pis pour leurs poumons et leur santé. Tant pis pour leur refus du tabagisme et leur liberté de choix.
Même dans les entreprises, les non-fumeurs obtiennent rarement gain de cause. Après quelques timides et infructueux essais de réglementer le tabac, les directions finissent souvent par baisser les bras, face à la pression des fumeurs, incapables de se discipliner, mais qui revendiquent toujours plus d'espace. Au grand dam des non-fumeurs fatigués de faire la police.
Des initiatives se mettent en place, certes. Comme l'opération non fumeur qui s'est déroulée mercredi soir dans 35 pubs et restaurants de Gemmayzé, à l'appel des Rotaract de Beyrouth et du Sahel-Metn. Louable opération ! Mais ces initiatives resteront orphelines tant que le Liban n'aura pas promulgué une loi interdisant le tabac dans les lieux publics, de même que la publicité liée au tabac. Une loi bloquée depuis plusieurs années au Parlement et qui semble avoir été reléguée aux oubliettes. Difficile de comprendre le pourquoi du comment, alors que le pays a ratifié, il y a quatre ans déjà, la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac. Alors que plus de 3 500 citoyens meurent chaque année d'une maladie directement liée au tabagisme.
Mais la santé des citoyens n'est toujours pas prioritaire au Liban. L'argent généré par le tabac est tellement plus alléchant !

