L'impatience était palpable à Madrid après les défaites à Séville en Liga (2-1) le 4 octobre puis à domicile face à l'AC Milan (3-2) quinze jours plus tard. Le constat était simple : le Real Madrid « néogalactique » toujours en construction triomphe sans mal des équipes moyennes, mais s'effondre dès que les grosses équipes se présentent.
Le match nul à Gijon (0-0) samedi a transformé l'impatience en inquiétude. C'était la première fois de la saison que le Real ne marquait pas. Pourtant, le Sporting Gijon, promu la saison dernière, est loin d'être un obstacle insurmontable.
Le 16e de finale aller de Coupe d'Espagne, chez le voisin Alcorcon, qui évolue deux divisions en dessous, devait permettre au Real, qui retrouvait pour l'occasion Benzema blessé ce week-end, de renouer avec le but. Pour se rassurer et montrer qu'il pouvait gagner même sans Cristiano Ronaldo, toujours blessé.
Mais il ne suffit pas de s'appeler Raul, Guti ou Benzema et d'entrer sur le terrain pour gagner face à des amateurs. Le Real Madrid pensait se balader dans le petit stade Santo Domingo d'Alcorcon, mais il a été en dessous de tout, en attaque, au milieu, en défense. Dépassé par des semi-amateurs affamés et euphoriques.
Du coup, à Madrid, l'inquiétude s'est mue en colère. Le premier quotidien sportif espagnol, Marca, ne réclamait rien d'autre mercredi en une que la démission de Pellegrini : « Va-t'en maintenant. »
Son concurrent, AS, lui donnait un match de sursis : « Une autre défaite coûterait son poste à Pellegrini. »
« À mort avec le coach »
Pellegrini, brillant à Villarreal pendant cinq saisons, n'a pas su endiguer la vague jaune d'Alcorcon. Il n'avait pourtant pas pris ce match à la légère, ne faisant souffler que quelques titulaires habituels (Casillas, Xabi Alonso, Kaka) et alignant tous les autres : Albiol, Arbeloa, Guti, Raul, Granero, Benzema.
Arrivé en juin, l'entraîneur chilien confiait il y a quelques jours pouvoir résister à l'énorme pression.
Mardi soir, s'il ressentait « beaucoup de honte », il assurait ne pas penser démissionner, « ni aujourd'hui, ni demain, ni après-demain ».
Officiellement, il a le soutien des dirigeants. « L'image de l'entraîneur est la même que celle avant le match. Nous devons sortir de cette situation avec professionnalisme », déclarait le directeur général Jorge Valdano.
Et l'appui des joueurs : « Ce fut désastreux, nous sommes très mal, mais à mort avec le coach », confiait Raul Albiol.
Mais de toutes façons, qui pour remplacer Pellegrini, 56 ans, en cas de démission ou de mise à la porte ? Le président Florentino Perez avait déjà eu du mal à trouver l'entraîneur de ses rêves après les refus d'Arsène Wenger (Arsenal) et de Carlo Ancelotti (passé de l'AC Milan à Chelsea).
AS et Marca citent le nom de Jorge Valdano, qui a déjà été entraîneur du Real, de 1994 à 1996, mais qui ne serait pas très chaud pour aller au combat.
Si le Real ne relève pas vite la tête, Florentino Perez n'aura sans doute pas d'autre choix que de demander à son n° 2 de renfiler le survêtement.

