Pour le leader des FL, s'il détient le ministère de la Justice, le 8 Mars se fixera pour objectif d'exploiter cette position pour tenter d'entraver ou de perturber l'action du Tribunal international, sans compter que tout l'appareil judiciaire risquerait d'être replongé dans la même situation où il se trouvait du temps de l'occupation syrienne. Le ministère des Finances permettrait au 8 Mars de bloquer la plupart des décisions ministérielles du fait que la signature du ministre des Finances est nécessaire pour mettre en application les décrets ministériels. Quant aux Télécoms, a ajouté M. Geagea, si le 8 Mars contrôle ce département, il risquerait d'entraver l'action de certains services de sécurité qui auraient besoin d'avoir accès dans les délais les plus brefs aux écoutes téléphoniques pour lutter contre le terrorisme ou pour dévoiler les commanditaires et les exécutants d'actions terroristes.
Interrogé sur la situation au sein du 14 Mars, M. Geagea a déclaré que le projet du 14 Mars dépasse les personnes et les partis. « Même si les Forces libanaises, Walid Joumblatt ou les Kataëb, à titre d'exemple, se retirent du 14 Mars, le 14 Mars continuera à exister car il représente un projet politique, il représente une base populaire qui dépassent les personnes et les partis ». À ce sujet, le leader des FL a rendu un vibrant hommage aux anciens députés Samir Frangié, Farès Souhaid et Moustapha Allouche pour leurs efforts inlassables visant à dynamiser l'action du secrétariat général du 14 Mars. « Samir Frangié, Farès Souhaid et Moustapha Allouche, a déclaré M. Geagea, ont prouvé qu'ils sont les porte-étendards d'une cause et qu'ils ne s'arrêtent pas à des considérations en rapport avec un poste quelconque » (allusion au fait qu'ils n'ont pas remis en cause leur engagement en faveur du projet du 14 Mars en dépit du fait qu'ils ont perdu leur siège parlementaire respectif).
Après avoir affirmé que le leader du PSP Walid Joumblatt fait toujours partie de la majorité, M. Geagea a estimé que le président Michel Sleiman avait commis une « erreur tactique » en affirmant qu'il ne signerait les décrets de formation du gouvernement que si celui-ci est un cabinet d'union nationale. « Cela a permis au camp du 8 Mars de s'en tenir à ses conditions et de s'obstiner dans ses positions », a souligné le leader des FL.

