La question a perdu un peu de sa substance lorsque Safina a perdu sa place au profit de Serena Williams il y a deux semaines. Or voilà que, par un heureux miracle arithmétique, le débat repart de plus belle, juste à temps pour le grand bal de fin d'année, puisque Safina a retrouvé le sommet hier.
« Je me moque de ce qu'on peut dire, a réagi, de voix lasse, une Safina qui n'en peut visiblement plus de ce sujet récurrent. J'ai disputé trois finales et deux demi-finales de grand chelem et ça, personne ne peut me l'enlever. L'année dernière, je n'arrêtais pas de gagner et tout le monde me demandait pourquoi je n'étais pas n° 1. Cette année je le suis et on me parle des grands chelems. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas. »
Confrontées au sujet, les compatriotes de Safina, Svetlana Kuznetsova et Elena Dementieva, également qualifiées pour le Masters, ont volé à son secours. « Elle le mérite », a assuré la première. « Elle n'est pas la première à être n° 1 mondiale sans avoir gagné de grand chelem », a appuyé la deuxième.
Dans un passé récent, il y a notamment eu Amélie Mauresmo, n° 1 mondiale sans grand chelem en 2004 et 2005. Un exemple qui n'est pas sans interpeller Safina. Car si la Française a fini par remporter deux tournois majeurs en 2006, elle le devait de son propre aveu à une victoire fondatrice, au Masters en 2005.
Les sœurs Williams sur tous les fronts
Safina signerait des deux mains pour reproduire le scénario. À défaut de grand chelem, une victoire dans le cinquième tournoi majeur lui permettrait de clouer un peu le bec aux critiques et, peut-être, de débloquer, comme Mauresmo à l'époque, un caractère émotif qui l'a fait systématiquement flancher dans les moments importants jusque-là.
À Doha, Safina figure dans le « groupe blanc » avec la Danoise Caroline Wozniacki, la Serbe Jelena Jankovic et la Biélorusse Victoria Azarenka. Une poule à sa mesure pour atteindre les demi-finales où elle croiserait l'une des sœurs Williams ou l'une de ses compatriotes, Kuznetsova et Dementieva.
Serena Williams, qui a certainement trouvé les deux semaines à la place de n° 1 très courtes, aura envie de retrouver le sommet.
Une marge infime la sépare de Safina : 155 points, sachant que chaque victoire en poules en rapporte 160. Leur mano a mano animera la semaine à Doha où l'autre Williams, Venus, défendra son titre en même temps qu'elle disputera le double avec sa sœur.
Ce sont les trois favorites d'un tournoi qui, depuis 1997, a toujours couronné une ancienne n° 1 mondiale. Un détail qui n'aura pas échappé à Jelena Jankovic qui est, avec les sœurs Williams et Safina, la quatrième joueuse présente à Doha à avoir occupé un jour la première place.

