En convoquant des élections générales en janvier 2010, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas cherche à forcer ses rivaux islamistes du Hamas à signer un accord de réconciliation interpalestinien, estiment les analystes.
L'appel à des élections est une "tactique politique" qui vise à tordre le bras des islamistes du Hamas pour qu'ils acceptent de signer un accord de "réconciliation nationale", explique Hani el-Masri, analyste politique à Ramallah (Cisjordanie).
Le président Abbas a publié vendredi un décret appelant à des élections présidentielle et législatives à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza le dimanche 24 janvier.
"Mais il y a un pas entre la publication d'un décret et la tenue des élections sur le terrain", avertit M. el-Masri, selon lequel l'objectif de M. Abbas est de contraindre le Hamas à reprendre le dialogue interpalestinien.
Le Hamas refuse jusqu'à présent de parapher un projet d'accord de réconciliation proposé par l'Egypte et signé par le Fateh, et qui prévoit de reporter la date des élections au mois de juin 2010.
Lors d'un discours samedi devant le Comité central de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) rassemblé à Ramallah, M. Abbas a promis qu'il ferait tout pour obtenir un accord de "réconciliation nationale" qui relève selon lui de "l'intérêt du peuple palestinien".
L'un de ses proches conseillers, Yasser Abed Rabbo, a de son côté assuré vendredi à la télévision palestinienne que "la porte est toujours ouverte à un accord interne avec le Hamas".
Pour le député palestinien indépendant Hassan Khreisheh, M. Abbas est déterminé à tenir ces élections afin de confirmer sa légitimité aux yeux de la communauté internationale et pouvoir poursuivre les négociations avec Israël.
En outre, estime Iyad Barghouthi, président du Centre de Ramallah pour les droits de l'Homme, organiser des élections sans le Hamas "plomberait le projet national palestinien".
En vertu de la Loi fondamentale palestinienne, M. Abbas devait proclamer la date des élections générales trois mois avant leur tenue. Le 24 janvier 2010 est la date de l'expiration du mandat de quatre ans du Conseil législatif palestinien (CLP, le Parlement de l'Autorité palestinienne), élu en janvier 2006. Les élections de 2006 avaient vu la victoire du Hamas sur le Fatah de Mahmoud Abbas.
Reste que la décision de convoquer les élections risque de creuser le fossé entre la Cisjordanie, aux mains de l'Autorité palestinienne de M. Abbas, et la bande de Gaza, contrôlée depuis juin 2007 par le Hamas.
Ce dernier a d'ailleurs aussitôt qualifié d'"illégal et anticonstitutionnel" le décret électoral du président Abbas, accusé d'être un "usurpateur".
"Si des élections ont lieu sans un accord avec le Hamas, la division sera consacrée et les territoires palestiniens se transformeront en deux entités (politique et géographique) distinctes", relève Hassan Khreisheh.
Moukhaimar Abou Saada, professeur de Sciences politiques à l'université el-Azhar de Gaza, s'attend même à une escalade verbale et à une guerre médiatique accrue entre le Fateh et le mouvement islamiste.
Selon le professeur Abou Saada, la crise interpalestinienne est devenue "la question centrale" pour les Palestiniens, avant même la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie.
Les tensions pourraient même s'aggraver si le Hamas décide à son tour d'appeler à des élections dans la bande de Gaza, estime l'universitaire: "Cela conduirait à une division politique et à une rupture permanente" entre les deux frères ennemis palestiniens, prédit-il.
L'appel à des élections est une "tactique politique" qui vise à tordre le bras des islamistes du Hamas pour qu'ils acceptent de signer un accord de "réconciliation nationale", explique Hani el-Masri, analyste politique à Ramallah (Cisjordanie).
Le président Abbas a publié vendredi un décret appelant à des élections présidentielle et législatives à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza le dimanche 24 janvier.
"Mais il y a un pas entre la...


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