Évoquant la formation du gouvernement, M. Gemayel a affirmé : « Nous sommes encore en pleins atermoiements, toutes les fois qu'il y a des signes positifs, ceux-ci disparaissent rapidement et nous retournons au statu quo. Pour cela, nous devons encore patienter un peu. »
Selon lui, il y a trois étapes pour la formation du gouvernement : la première concerne les équilibres internes, la répartition des portefeuilles, et les intérêts de la majorité d'une part et ceux de l'opposition d'autre part ; la deuxième phase est celle des répercussions, sachant que la scène politique libanaise est généralement influençable par les facteurs externes ; la troisième étape, enfin, est le projet d'État et l'avenir du Liban, vu selon la vision de chaque camp en présence.
« Ce sont autant d'étapes qui s'enchevêtrent les unes dans les autres », a affirmé M. Gemayel.
« Le problème dès le départ ne se situait pas autour d'un ministre précis ou d'un portefeuille accordé à un camp ou à l'autre. Aucune partie libanaise ne peut se permettre d'obstruer le processus institutionnel à cause d'un ministre ou d'un ministère », a-t-il dit. « Le véritable problème réside dans le fait de s'entendre sur l'avenir du pays, sur le rôle du gouvernement et ses objectifs. Il s'agit également de pouvoir se mettre d'accord sur certains dossiers politiques qui intéressent également les deux parties », a ajouté le chef des Kataëb.
Pour M. Gemayel, « il est du droit du Premier ministre désigné, Saad Hariri, de définir les critères de son gouvernement car il ambitionne de réussir dans un gouvernement dont il est responsable », d'où, a-t-il dit, la nécessité pour toutes les parties de collaborer avec lui.
Interrogé sur les relations avec la Syrie, il a indiqué : « Nous sommes convaincus de la nécessité d'établir les meilleures relations entre Beyrouth et Damas. Malheureusement, il y a eu beaucoup de tourbillons dans cette relation. Tout ce que nous désirons, c'est que les rapports entre les deux pays redeviennent tels qu'ils étaient. » Et l'ancien chef de l'État d'inviter la Syrie à faire un pas en direction de la réconciliation des Libanais. M. Gemayel a fait valoir que « Damas doit comprendre qu'il a commis beaucoup d'erreurs au Liban ».
« Si, de notre côté, nous en avons commis également à son égard, nos erreurs n'ont cependant pas coûté du sang ni conduit à saboter les institutions », a-t-il conclu.

