Quarante jours ont passé depuis que tu es parti, et je trouve à peine les mots pour dire ta cruelle absence et le vide que tu laisses au cœur de nos vies et à la maison. Je sais que tu n'aimes pas les grandes effusions ni les démonstrations sentimentales. L'amour que tu nous as donné se distillait toujours avec pudeur dans ton sourire fin et discret.
« Il faut accepter l'idée que les êtres chers qui sont partis sont avec nous autrement », m'a dit un sage évêque de notre Église.
Quand je me retire pour écrire dans la chaude quiétude de notre bibliothèque à la maison, je sais que tu es là. Comme autrefois, quand tu t'installais en silence sur le canapé, écoutant sereinement le clapotis du clavier de mon ordinateur se mêler au rythme d'une douce musique en filigrane, dans cette atmosphère feutrée que tu aimais tant. Je partagerai toujours avec toi en premier mes écrits et mes pensées.
Et même si ton départ a ébranlé en moi les racines de l'enfance, je sais qu'en toi aujourd'hui, j'ai des racines dans l'invisible. Des racines d'espérance, de foi et d'un amour plus fort que la mort, nourri du Pain de la Vie. La Vie que Notre Seigneur donne en abondance à ceux qui ont le cœur pur et le regard droit, et qui ont semé de l'amour.


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