Selon le Bloc national, réuni hier sous la présidence de M. Carlos Eddé, les positions « versatiles du général Aoun déroutent la majorité des Libanais et sont à l'antipode de la souplesse remarquable dont ont fait preuve le parti Tachnag et le député Sleimane Frangié ». « La seule explication logique, aux yeux des observateurs politiques, est que le général Aoun est pris entre l'enclume de la souplesse syrienne et le marteau de la rigidité iranienne », a noté le Bloc national, estimant qu'une entente ou un désaccord syro-iranien ont le même résultat : « Dans les deux cas, ce sont les Libanais qui en paient le prix. »
Reçu hier par le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, le député Boutros Harb, dont la nomination au sein du gouvernement a été rejetée par le général Aoun, a déploré les propos tenus par le chef du CPL dans la mesure où ils ont fait passer le pays d'un climat optimiste à un climat négatif. « Cette situation expose le pays à de graves dangers et menace le système politique d'effondrement. Aucun Libanais ne peut accepter que le pays soit sacrifié ou que son sort soit en jeu, à cause d'un désaccord sur un portefeuille ou une personne », a déclaré M. Harb à sa sortie de Bkerké, estimant qu'il appartient aux responsables du pays de « trouver des solutions aux problèmes auxquels il est confronté et non pas devenir eux-mêmes un problème ». Selon lui, si le négativisme va continuer de prévaloir, « il n'y a aucune chance que le gouvernement soit mis en place ou que la stabilité soit maintenue ». Sur un ton empreint d'ironie, M. Harb a laissé entendre qu'il est prêt à renoncer à sa candidature au sein de l'équipe Hariri si cela doit permettre de débloquer le dossier gouvernemental, avant de rejeter l'idée selon laquelle la rotation au niveau des ministères constitue le problème. Cette dernière idée est également partagée par M. Joseph Maalouf, député de Zahlé, également reçu par le patriarche.
Pharaon
De son côté, le député Michel Pharaon a relevé que le climat politique oscille toujours entre l'optimisme et le pessimisme, en constatant que le processus de formation du gouvernement est bien avancé. « J'espère, a-t-il dit au terme d'un entretien avec le ministre sortant de l'Intérieur, Ziyad Baroud, que les derniers obstacles ne paralyseront pas ce processus, surtout qu'il y a eu des facteurs intérieurs et extérieurs qui l'ont facilité. »
Dans une déclaration à la Voix du Liban, M. Dory Chamoun a fait état d'un « complot destiné à laisser le Liban sans gouvernement ». « Ils comptent sur le général Aoun pour être le principal exécutant de ce complot et perturber la situation dans le pays », a indiqué M. Chamoun, en se prononçant en faveur de la mise en place d'un gouvernement composé de ministres de la majorité, si cela s'avère nécessaire.
Alors que le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, exprimait le souhait que les Libanais conjuguent leurs efforts pour parvenir à former le nouveau gouvernement le plus tôt possible, le cheikh Akl druze, Naïm Hassan, a invité toutes les parties politiques à « s'élever au-dessus des calculs mesquins, des conflits et des tiraillements, et à faire des concessions réciproques au service de l'intérêt national.

