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Liban - Éclairage

Une fois de plus, Aoun au cœur de la polémique

Les milieux politiques ont tenté hier de décortiquer la dernière position du général Michel Aoun et comme d'habitude, les interprétations varient d'un camp à l'autre. Pour les proches du chef du CPL, ce dernier a lancé mercredi une sorte d'attaque préventive pour empêcher les efforts déployés pour former un gouvernement de se heurter à une impasse, alors qu'au cours de ses rencontres avec le Premier ministre pressenti, les deux hommes s'étaient entendus pour ne pas divulguer la teneur de leurs entretiens. Malgré cela, le chef du CPL a reçu au cours des trois derniers jours des informations en provenance du bloc « Liban d'abord », selon lesquelles le Premier ministre pressenti serait sur le point de présenter sa nouvelle formule gouvernementale au président Michel Sleiman et n'accorderait au Bloc du changement et de la réforme que quatre portefeuilles secondaires et un ministère d'État. Ce que le général Aoun ne peut accepter parce que ce serait donner à son bloc moins de poids dans le nouveau gouvernement qu'au sein de l'équipe actuelle, alors que le nombre des députés de son bloc est passé de 21 à 27. De plus, cette formule serait en contradiction avec l'atmosphère de confiance et d'ouverture qui s'est dégagée de ses entretiens avec cheikh Saad Hariri. Aoun a donc choisi de s'exprimer devant la presse pour éviter de se retrouver devant un fait accompli qu'il ne peut accepter et de se faire alors accuser d'entraver la formation du gouvernement. Il a préféré remettre, selon ses proches, les pendules à l'heure et arrêter le processus avant que cela ne soit trop tard et que Saad Hariri ne soit une fois de plus contraint à se récuser car sa formule aurait été rejetée... Les proches du chef du CPL estiment ainsi que ce dernier a voulu en fait relancer les négociations en vue de la formation du gouvernement. Les mêmes sources affirment aussi que la démarche du général Aoun a été concertée avec son allié le chef du courant des Marada, démentant ainsi l'existence de divergences entre eux. L'ancien ministre Sleimane Frangié aurait ainsi émis la proposition de se contenter d'un ministère d'État avec l'accord de Aoun et en sachant qu'elle ne résout pas le problème puisque la nature des portefeuilles proposés est aussi importante que leur nombre. Il s'agissait essentiellement de montrer que les portes ne sont pas fermées. De son côté, Sleimane Frangié a affirmé hier que la confiance entre lui et Saad Hariri va crescendo et que le gouvernement pourrait être formé au cours des deux prochains jours...
Les sources du CPL démentent aussi les informations selon lesquelles un émissaire du Hezbollah, Ghaleb Abou Zeinab, se serait aussi rendu à Rabié pour transmettre à Aoun « l'irritation du secrétaire général du parti au sujet de ses positions intransigeantes ». Interrogé par L'Orient-Le Jour, Abou Zeinab a indiqué que le Hezbollah appuie totalement le général dans toutes ses positions, et ce qui lui convient arrange également le parti. Il précise n'avoir transmis aucun message de mécontentement au chef du CPL. Il faut encore signaler, dans ce cadre, que le ministre des Télécommunications Gebran Bassil s'est rendu mardi soir chez le secrétaire général du Hezbollah pour un entretien dit « de concertation et de coordination ».
Du côté du 14 Mars, on estime au contraire que la position du général Aoun irrite au plus haut point ses alliés, qu'il s'agisse des Marada ou du Hezbollah, et que les parties locales en sont arrivées à la conclusion selon laquelle le chef du CPL ne veut pas d'un nouveau gouvernement, faisant ainsi le jeu de son nouvel allié, l'Iran. Dans ce camp, on précise que les parties internes, sauf le général, souhaiteraient en finir avec ce problème pour permettre au pays d'aborder la période à venir avec plus ou moins de stabilité, surtout après le sommet syro-saoudien. Les sources du 14 Mars ajoutent que le général Aoun est toujours prêt, inconsciemment ou non, à jouer le rôle d'empêcheur de tourner en rond à cause de ses positions en flèche et de son unilatéralisme dans la prise des décisions. Ces mêmes sources mettent l'accent sur la dernière déclaration du président syrien Bachar el-Assad après son entretien avec la présidente de la Finlande, dans laquelle il a appelé à « la formation rapide du gouvernement d'union nationale qui permettrait au Liban de retrouver sa place sur la scène régionale et internationale, et lui assurerait la stabilité ». Il serait donc clair pour ces sources que le blocage ne viendrait pas de la Syrie, ni bien sûr de l'Arabie saoudite, mais sans doute de l'Iran qui considèrerait le Liban comme une carte importante à ne pas céder gratuitement.
Les sources de l'opposition sont aussi convaincues que le blocage n'est pas interne. Mais elles l'attribuent aux États-Unis et à l'Égypte, qui ne voudraient pas d'un gouvernement d'union nationale dans lequel le Hezbollah aurait une grande influence et qui adopterait une déclaration ministérielle qui appuie la Résistance. Ces mêmes sources considèrent que l'optimisme des derniers jours ne reposait pas sur des éléments concrets, mais qu'il était destiné à jeter de la poudre aux yeux après le sommet syro-saoudien.
Les deux seules certitudes pour l'instant restent donc le fait que les médias n'ont pas fini de parler de la formation du gouvernement, et que les contacts entre le Premier ministre pressenti et le chef du CPL ne sont pas rompus...

Les milieux politiques ont tenté hier de décortiquer la dernière position du général Michel Aoun et comme d'habitude, les interprétations varient d'un camp à l'autre. Pour les proches du chef du CPL, ce dernier a lancé mercredi une sorte d'attaque préventive pour empêcher les efforts déployés pour former un gouvernement de se heurter à une impasse, alors qu'au cours de ses rencontres avec le Premier ministre pressenti, les deux hommes s'étaient entendus pour ne pas divulguer la teneur de leurs entretiens. Malgré cela, le chef du CPL a reçu au cours des trois derniers jours des informations en provenance du bloc « Liban d'abord », selon lesquelles le Premier ministre pressenti serait sur le point de...
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