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Afghanistan : un abandon serait catastrophique, plaide le chef de l'Otan

L'Europe pourrait payer cher un abandon de l'Afghanistan, a prévenu jeudi le secrétaire général de l'Otan, plaidant pour un ultime effort militaire et financier des Occidentaux afin de ne pas laisser le champ libre aux talibans et à el-Qaïda.

"A ceux, de plus en plus nombreux, qui demandent si le coût de notre engagement" en Afghanistan "n'est pas trop élevé, je réponds clairement que le coût de l'inaction serait beaucoup plus grand encore", a déclaré Anders Fogh Rasmussen.

Si l'Otan quittait ce pays, il "redeviendrait un terrain d'entraînement d'el-Qaïda, la pression sur le Pakistan qui détient l'arme nucléaire, serait énorme. L'instabilité se répandrait dans toute l'Asie centrale. Et il ne faudrait pas longtemps pour que l'Europe en éprouve les conséquences", a-t-il assuré à Bratislava à la veille d'une réunion des ministres de la Défense de l'Otan.

Les 28 alliés doivent discuter vendredi de la nouvelle stratégie requise en Afghanistan pour barrer la route aux talibans et justifier ainsi la poursuite d'une intervention militaire de moins en moins populaire dans les pays participant à la force de l'Otan dans ce pays.

Ils débattront du rapport présenté fin août par le général américain Stanley McChrystal qui a pris le commandement des forces internationales au moment où les pertes dans leurs rangs atteignent des records à cause des attentats commis par les extrémistes musulmans.

L'officier américain y fait deux grandes recommandations: la protection des civils doit primer sur la chasse aux talibans et la priorité doit être donnée à la formation d'une armée et d'une police afghanes capables à terme de prendre le relais.

Mais ce programme, ébauche d'une stratégie de sortie, exigerait de nouveaux efforts des pays alliés. Or ceux-ci sont confrontés à la fois au scepticisme de l'opinion publique et à des difficultés budgétaires liées à la crise économique.

Le général McChrystal souhaiterait l'envoi de 10.000 à 40.000 soldats américains supplémentaires, un effort que Washington, s'il y consentait, ne manquerait pas de demander à ses alliés d'imiter.

Le président Barack Obama pourrait rendre sa décision publique après le second tour de l'élection présidentielle afghane, le 7 novembre.

Jusqu'à présent, seuls les Britanniques ont annoncé l'envoi de 500 hommes en renfort, en y mettant des conditions.

La France a signifié qu'elle n'enverrait "pas un homme de plus". L'Allemagne ne s'est pas prononcée.

A Bratislava vendredi, "tout ce que nous pouvons espérer, c'est de parvenir à une approche commune du combat contre-insurrectionnel", a reconnu le porte-parole de l'Otan, James Appathurai.

En revanche, aucune décision concernant d'éventuels renforts n'est attendue à cette réunion, a-t-il estimé en substance.

Mais "ce que nous savons, c'est qu'il faudra des instructeurs supplémentaires", a-t-il souligné.

L'armée gouvernementale afghane, actuellement forte de 94.000 soldats, devrait atteindre les 134.000 hommes à la fin 2010. Le général McChrystal propose d'en porter les effectifs à 240.000, à l'horizon 2013.

De même, il demande une police de 160.000 hommes, au lieu de 84.000, qui est l'objectif actuel.

Tel est le prix de l'"afghanisation" qui devrait permettre, espèrent ses promoteurs occidentaux, de passer un jour le relais à des forces de sécurité afghanes en mesure de faire face aux talibans et à Al-Qaïda.

L'Europe pourrait payer cher un abandon de l'Afghanistan, a prévenu jeudi le secrétaire général de l'Otan, plaidant pour un ultime effort militaire et financier des Occidentaux afin de ne pas laisser le champ libre aux talibans et à el-Qaïda.
"A ceux, de plus en plus nombreux, qui demandent si le coût de notre engagement" en Afghanistan "n'est pas trop élevé, je réponds clairement que le coût de l'inaction serait beaucoup plus grand encore", a déclaré Anders Fogh Rasmussen.
Si l'Otan quittait ce pays, il "redeviendrait un terrain d'entraînement d'el-Qaïda, la pression sur le Pakistan qui détient l'arme nucléaire, serait énorme. L'instabilité se répandrait dans toute l'Asie centrale. Et il ne faudrait pas...