En dépit de ce revers, des responsables militaires et des analystes affirment que les forces pakistanaises rencontrent une résistance moins forte que prévu, même si de violents combats sont à attendre lorsque les soldats s'approcheront des forêts montagneuses où sont réfugiés les talibans. L'armée affirme encercler les rebelles qu'elle attaque de trois directions, nord, sud-ouest et sud-est. Mais les insurgés ont eu des années pour préparer des défenses fortifiées dans cette région. En outre, l'armée pakistanaise a demandé aux troupes de l'OTAN stationnées en Afghanistan de partager leurs informations sur les talibans et de boucler la frontière pour les empêcher de fuir le Waziristan du Sud. Près de 100 rebelles et 13 soldats ont péri depuis le début de l'offensive. Ces chiffres livrés par l'armée ne peuvent être vérifiés de source indépendante, les zones des combats étant inaccessibles.
D'autre part, sept personnes, dont deux kamikazes, ont été tuées hier dans deux attentats-suicide à l'université internationale islamique d'Islamabad. Vingt-neuf personnes ont également été blessées. Les deux bombes ont explosé à quelques minutes d'intervalle vers 15h00 locales. « La première explosion a frappé le bâtiment de la faculté de loi islamique pour garçons. La seconde est survenue dans la cafétéria réservée aux femmes », a déclaré à l'AFP Qudrat Ullah, un étudiant présent sur place et joint par téléphone. Les deux bâtiments, entourés de fumée, étaient fissurés par l'impact de l'explosion qui a aussi détruit toutes les fenêtres, a constaté un correspondant de l'AFP. Les images de plusieurs chaînes de télévision ont montré l'arrestation d'un suspect à l'extérieur de la cafétéria, qui a ensuite été emmené dans un véhicule de police vers une destination inconnue.
De très nombreuses écoles et universités pakistanaises ont fermé en raison des craintes d'attentats après ces deux attaques, selon des responsables locaux. Le double attentat n'a pas encore été revendiqué, mais il survient parallèlement à l'offensive militaire contre les talibans au Waziristan du Sud. « Nous sommes en état de guerre. Ils feront tout ce qu'ils peuvent pour déstabiliser le pays. Ces soi-disant islamistes sont des ennemis de l'islam, des ennemis du Pakistan », a déclaré le ministre de l'Intérieur, Rehman Malik. « Même s'ils ne le revendiquent pas, toutes les pistes conduisent au Waziristan du Sud », a-t-il ajouté.
Le Pakistan est le théâtre, depuis plus de deux ans, d'une vague sans précédent d'attentats qui a tué près de 2 300 personnes, perpétrés pour l'essentiel par des kamikazes du TTP, qui a fait allégeance à el-Qaëda.

