Dans cet état des lieux, le responsable du Hezbollah au Sud, Nabil Kaouk, a affirmé qu'en découvrant le système israélien d'espionnage, le parti « a saboté les préparatifs et les plans d'une éventuelle agression à l'avenir ». Cheikh Kaouk a également indiqué que « l'échec israélien n'est pas le premier du genre au Liban-Sud et ne sera pas le dernier, car le Sud n'est en aucun cas une arène où l'ennemi peut réaliser des acquis sécuritaires, militaires ou politiques ». Et de préciser que « la Résistance a désormais à son actif plus d'une réalisation récente contre les services militaires israéliens ». « Ceci est une grande réalisation à l'actif de la Résistance, et en même temps une grave violation par Israël de la résolution 1701 », a-t-il souligné, tout en se demandant de quelle manière la communauté internationale se comporte face à la violation israélienne. Quant au député Ali Fayyad, il a accusé Israël de vouloir et de favoriser l'escalade, estimant qu'il est du devoir des forces onusiennes de surveiller les activités israéliennes et de les aplanir et non pas l'inverse.
Les déclarations des cadres du Hezbollah enveniment la polémique qui a éclaté suite à l'incident qui a eu lieu au Sud, le week-end dernier. Car le Hezbollah accuse Israël d'avoir installé les « engins d'espionnage », dans le Sud du Liban, après la guerre de 2006. Si elle s'avère vraie, cette accusation constituera une violation de la résolution 1701. « La Résistance islamique a découvert un engin d'espionnage de l'ennemi israélien sur un câble (faisant partie du réseau du Hezbollah), installé entre les villages de Houla et de Maïss el-Jabal après la guerre de 2006 », a affirmé le mouvement dans un communiqué publié dans la nuit de dimanche à lundi. « Il s'est avéré que l'engin était piégé et que l'ennemi a entrepris de le faire exploser quand il a su qu'il avait été détecté », poursuit le communiqué. De son côté, la Finul a indiqué que, selon les premières indications, les explosions avaient « été provoquées par des charges contenues dans des capteurs souterrains abandonnés qui avaient été placés là par les forces de défense israéliennes apparemment pendant la guerre de 2006 ».
Une note adressée à l'ONU
« Sur quelle base la Finul affirme-t-elle que les engins ont été installés en 2006 ? » a demandé le député du Hezbollah Hassan Fadlallah dans des déclarations à l'AFP. « La Finul fait preuve d'une partialité inacceptable », a-t-il martelé.
Par ailleurs, une source au sein des services de sécurité a indiqué que les engins détruits servaient « aux écoutes et à la surveillance des communications de la résistance ».
Le ministre des Affaires étrangères, Faouzi Salloukh, a, lui aussi, estimé que « l'opération menée par Israël entre Houla et Maïss el-Jabal est une violation flagrante de la résolution 1701 ». « Cette opération confirme qu'Israël poursuit ses violations de la résolution et de la souveraineté libanaise, de même que sa guerre contre le Liban », a-t-il ajouté. M. Salloukh a, de plus, observé que « le fait qu'Israël plante des engins piégés d'espionnage sur le territoire libanais, et qu'il y retourne pour les faire exploser est une preuve d'agressivité, mais aussi la preuve qu'il sait bien où il plante ses explosifs et ses équipements ». Le ministre des Affaires étrangères a enfin affirmé avoir adressé une note à la délégation libanaise à New York, pour informer le Conseil de sécurité et le secrétaire général, Ban Ki-moon, des violations israéliennes de la 1701.
De son côté, le député de la majorité, Amine Wehbé, a invité les Libanais à faire preuve « de vigilance face à l'agressivité israélienne ». Il a indiqué que « la violation israélienne de la souveraineté libanaise n'est pas une nouveauté. Mais que le gouvernement israélien pratique tout genre d'agressions contre le Liban pour alimenter la tension ».
Condamnant à son tour les violations israéliennes, le député Ali Osseirane a accusé l'État hébreu de violer régulièrement la stabilité du Liban, soit par le biais de ses espions, soit par la mise en place d'engins d'espionnage sur le territoire libanais, soit encore par les survols répétés par son aviation des régions libanaises.

