Samedi, de sanglants affrontements entre trafiquants et policiers ont fait 12 morts, dont deux policiers morts carbonisés dans la chute de leur hélicoptère abattu par les trafiquants, et huit blessés - dont six policiers. La journée de terreur vécue par les habitants des quartiers populaires de la zone nord faisait la une de tous les journaux du pays hier, la presse locale titrant « Guerre à Rio » ou « Journée de terreur à Rio ». La situation est revenue hier à une apparente tranquillité, mais, en fin de matinée, dans la favela du Jacarezino, de nouveaux affrontements entre policiers et trafiquants se sont soldés par la mort de deux trafiquants, a indiqué le porte-parole de la police militaire (PM), le major Oderlei Santos.
Le ministre de la Justice, Tarso Genro, a proposé aux autorités de Rio l'envoi de la Force nationale, un corps d'élite de l'armée appelé à intervenir en cas de situations exceptionnelles, une offre rejetée pour le moment par le gouverneur de l'État de Rio, Sergio Cabral. Le ministre a prévenu que ces affrontements allaient continuer.
« Il y a des territoires à Rio où la police entrait et sortait, mais maintenant ces territoires sont occupés (par la police). D'autres affrontements auront certainement lieu car les trafiquants ne veulent pas céder le terrain », a dit M. Genro.
Depuis l'année dernière, cinq favelas, la plupart dans la zone sud et touristique, ont été « pacifiées » avec une police communautaire, spécialement formée, qui les occupe en permanence. Ce programme sera étendu, d'ici à 2016, à une centaine de ces communautés. Mais pour l'instant, cette pacification a pour effet de faire migrer les narcotrafiquants vers d'autres favelas dominées par des factions rivales, ce qui provoque cette « guerre du trafic ».
La violence urbaine est un problème endémique à Rio, où près de deux millions de personnes, soit un tiers de la population, vivent dans quelque mille favelas. Les crimes font près de 6 000 victimes par an dans tout l'État de Rio, qui compte quelque 14 millions d'habitants.
Cette flambée de violence tombe mal pour l'image de Rio, désignée le 2 octobre ville hôte des JO 2016, et à deux semaines d'une visite d'une délégation du Comité international olympique. « Nous menons une lutte permanente contre le trafic. Nous avons dit au Comité olympique international que nous préparons la ville pas seulement pour les JO, mais pour après », a réitéré samedi soir le gouverneur de Rio.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve