Les loyalistes qualifient, pour leur part, les assertions des opposants de simple faux-fuyant. Ils estiment que les entraves gardent des causes aussi bien externes qu'internes. Pour eux, si la Syrie n'y met pas vraiment du sien au Liban, c'est pour ne pas indisposer encore plus l'allié iranien qui voit d'un mauvais œil son rapprochement avec l'Arabie saoudite. Or, l'Iran, qui pense utiliser ses atouts libanais, son partenariat avec le Hezbollah, dans le cadre des négociaitons sur son nucléaire, ou sur son rôle régional, n'est pas du tout pressé de voir se dénouer la crise ministérielle libanaise. Il attend la réunion du 19 courant à Vienne avec les Cinq plus l'Allemagne. Pour le cadre global, il rejoint cependant la Syrie et l'Arabie saoudite, en convenant de la nécessité d'un cabinet libanais de coalition. Concernant la Syrie, sa position de base se résume comme suit : normaliser, certes, les relations avec les partenaires arabes, mais sans remettre en cause son alliance organique, stratégique, avec l'Iran pour les beaux yeux des Libanais.
Un impératif, également, pour le président Michel Sleiman qui précise qu'il n'est pas disposé à accepter un gouvernement majoritaire monochrome. Même tendance chez Walid Joumblatt, après un revirement aussi autonomiste que consensuel et centriste : tout en se rapprochant du Hezbollah, et surtout de Berry, il réaffirme avec force son soutien à Saad Hariri.
Toujours est-il qu'en faisant mine de se voiler la face sous prétexte de ne pas s'immiscer, la Syrie ouvre en réalité un large boulevard à l'obstructionnsime aouniste, relèvent les loyalistes. L'opposition dans son ensemble met à profit le comportement syrien pour tenter de décrocher la timbale ministérielle.
À part les quotas et la réparition des portefeuilles, le litige porte déjà sur la déclaration ministérielle. Plus précisément sur le passage qui doit être consacré à la Résistance et, partant, à l'armement du Hezbollah comme à la stratégie de défense nationale. La majorité refuse que l'on reprenne la précédente formule stipulant un soutien inconditionnel entier à la Résistance et légitimant son armement. Elle veut un double engagement : que l'arsenal soit nettement promis à une subordination aux autorités légales, entendre à la supervision de l'armée, ou à tout le moins à une coopération-concertation étroite. Et qu'il soit tourné uniquement vers l'ennemi israélien et plus jamais vers l'intérieur, comme le 7 mai 2008.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve