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Liban - Éclairage

Damas tergiverse pour ménager l’Iran

Retour de Damas, des opposants soutiennent que ce sont uniquement des considérations internes, conditions et contre-conditions, qui sont derrière le retard apporté à la formation d'un cabinet d'union. Ils ajoutent que le sommet saoudo-syrien a débouché sur un engagement commun, traduit dans le communiqué final, d'encourager la mise en place d'un gouvernement libanais d'union, mais sans intervenir sur les détails. Ce qui explique que les deux puissances n'ont envoyé aucun émissaire à Beyrouth pour stimuler le processus ministériel. Les Libanais doivent donc assumer leurs responsabilités, et Damas, affirment ces cadres, ne veut, ni ne peut, faire pression sur Michel Aoun pour qu'il mette de l'eau dans son vin. Du reste, poursuivent-ils, même si on l'en priait, le général Aoun ne serait pas disposé à composer car, à son avis, il a déjà fait le plein de concessions. De plus, comme d'autres pôles de l'opposition, il avait déjà précisé avant le sommet syro-saoudien que cette rencontre ne pourrait pas le forcer à modifier ses positions. Cependant, si les exigences, ou les refus, restent maintenus de part et d'autre, les parties locales s'inclineront, comme lors de Doha, devant le double souhait syro-saoudien, qui se résume en ces termes : pas de crise de pouvoir ni de recours à la rue.
Les loyalistes qualifient, pour leur part, les assertions des opposants de simple faux-fuyant. Ils estiment que les entraves gardent des causes aussi bien externes qu'internes. Pour eux, si la Syrie n'y met pas vraiment du sien au Liban, c'est pour ne pas indisposer encore plus l'allié iranien qui voit d'un mauvais œil son rapprochement avec l'Arabie saoudite. Or, l'Iran, qui pense utiliser ses atouts libanais, son partenariat avec le Hezbollah, dans le cadre des négociaitons sur son nucléaire, ou sur son rôle régional, n'est pas du tout pressé de voir se dénouer la crise ministérielle libanaise. Il attend la réunion du 19 courant à Vienne avec les Cinq plus l'Allemagne. Pour le cadre global, il rejoint cependant la Syrie et l'Arabie saoudite, en convenant de la nécessité d'un cabinet libanais de coalition. Concernant la Syrie, sa position de base se résume comme suit : normaliser, certes, les relations avec les partenaires arabes, mais sans remettre en cause son alliance organique, stratégique, avec l'Iran pour les beaux yeux des Libanais.
Un impératif, également, pour le président Michel Sleiman qui précise qu'il n'est pas disposé à accepter un gouvernement majoritaire monochrome. Même tendance chez Walid Joumblatt, après un revirement aussi autonomiste que consensuel et centriste : tout en se rapprochant du Hezbollah, et surtout de Berry, il réaffirme avec force son soutien à Saad Hariri.
Toujours est-il qu'en faisant mine de se voiler la face sous prétexte de ne pas s'immiscer, la Syrie ouvre en réalité un large boulevard à l'obstructionnsime aouniste, relèvent les loyalistes. L'opposition dans son ensemble met à profit le comportement syrien pour tenter de décrocher la timbale ministérielle.
À part les quotas et la réparition des portefeuilles, le litige porte déjà sur la déclaration ministérielle. Plus précisément sur le passage qui doit être consacré à la Résistance et, partant, à l'armement du Hezbollah comme à la stratégie de défense nationale. La majorité refuse que l'on reprenne la précédente formule stipulant un soutien inconditionnel entier à la Résistance et légitimant son armement. Elle veut un double engagement : que l'arsenal soit nettement promis à une subordination aux autorités légales, entendre à la supervision de l'armée, ou à tout le moins à une coopération-concertation étroite. Et qu'il soit tourné uniquement vers l'ennemi israélien et plus jamais vers l'intérieur, comme le 7 mai 2008.
Retour de Damas, des opposants soutiennent que ce sont uniquement des considérations internes, conditions et contre-conditions, qui sont derrière le retard apporté à la formation d'un cabinet d'union. Ils ajoutent que le sommet saoudo-syrien a débouché sur un engagement commun, traduit dans le communiqué final, d'encourager la mise en place d'un gouvernement libanais d'union, mais sans intervenir sur les détails. Ce qui explique que les deux puissances n'ont envoyé aucun émissaire à Beyrouth pour stimuler le processus ministériel. Les Libanais doivent donc assumer leurs responsabilités, et Damas, affirment ces cadres, ne veut, ni ne peut, faire pression sur Michel Aoun pour qu'il mette de l'eau dans son vin. Du reste, poursuivent-ils, même si...
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