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Moyen Orient et Monde - Témoignage

Douze heures sous le feu des talibans

Deux démineurs US racontent leur calvaire.

Le sourire aux lèvres, les deux ingénieurs de combat de l'armée américaine confient l'avoir échappé belle. Partis à la recherche de bombes artisanales sur une route du sud de l'Afghanistan, ils ont survécu à 12 heures de combat acharné avec les talibans.
Vers 07h00, ce 24 août à Howz-e-Madad, dans l'ouest de la province de Kandahar (Sud), « on était dans notre MRAP (véhicule blindé résistant aux mines) quand on a trouvé un engin explosif improvisé (IED) télécommandé », raconte le soldat Michael Lawson, 28 ans. L'objet suspect est un bidon en plastique jaune câblé, enterré sur le chemin longeant la route, en face d'une maison en terre séchée. « On a sécurisé la zone et on a appelé l'équipe de désamorçage. On était en train de déterrer la bombe quand on a commencé à recevoir des tirs d'armes légères » des talibans, raconte-t-il.
« On est parti à leur poursuite, mais notre équipement est lourd, on ne pouvait pas courir vite », poursuit le lieutenant Sean Grady, de la 569e compagnie américaine d'ingénieurs de combat, chargée dans le Sud afghan de « nettoyer » les routes des IED qui les constellent. « Ils nous ont attirés dans un piège en nous amenant jusqu'à un pont étroit. Dès que le dernier de nos gars l'a franchi, ils ont recommencé à tirer, se souvient-il. On s'est réfugié derrière un petit monticule de poussière, on n'avait quasiment aucune couverture. » Les insurgés leur tiraient désormais dessus à la mitrailleuse. « Les balles frappaient le sol et volaient au-dessus de nos têtes. »
La petite équipe américaine réplique, puis s'offre un moment de répit. « Au bout d'un moment ils ont arrêté » de tirer, permettant aux soldats de se réfugier dans un bâtiment à proximité, raconte le lieutenant, 24 ans. « Je suis monté sur le toit pour faire le point et je me suis fait tirer dessus. Il y avait environ 40 ennemis dans une rangée d'arbres » bordant un champ. « C'est là que j'ai réclamé un appui feu aérien. Deux hélicoptères sont arrivés. Ils ont lancé des roquettes, des missiles Hellfire et tiraient en même temps à la mitrailleuse lourde. » « Au bout d'un moment, on s'est engagé dans les arbres. On a trouvé des vêtements ensanglantés et des membres humains, mais pas de corps », raconte le soldat Grady. Les talibans sont connus pour emmener les cadavres des leurs lorsqu'ils se retirent.
« Et là, les tirs ont repris » depuis un autre point, « des rafales incessantes de mitrailleuse. Ils ne voulaient pas battre en retraite. On perdait le contrôle de la situation. J'ai appelé l'artillerie à la rescousse. Des blindés sont arrivés et ont ouvert le feu. Les tirs d'artillerie ont dû leur faire peur, ils ont quitté le champ de bataille avec leurs morts ».
Pendant ce temps, un drone qui avait repéré six insurgés en mouvement, armés de roquettes, larguait sur eux une bombe de plus de 200 kilos. « L'explosion a formé un champignon. On était à environ 400 mètres », décrit-il. « Tout s'est terminé au coucher du soleil. Ils sont rentrés chez eux, et nous aussi », conclut l'Américain.
Selon le lieutenant Grady, entre 40 et 50 ennemis ont été tués dans la bataille, aucun du côté américain. « Heureusement, ils n'étaient pas très bons tireurs. »

 

Romeo GACAD
et Daphné BENOÎT (AFP)

Le sourire aux lèvres, les deux ingénieurs de combat de l'armée américaine confient l'avoir échappé belle. Partis à la recherche de bombes artisanales sur une route du sud de l'Afghanistan, ils ont survécu à 12 heures de combat acharné avec les talibans.Vers 07h00, ce 24 août à Howz-e-Madad, dans l'ouest de la province de Kandahar (Sud), « on était dans notre MRAP (véhicule blindé résistant aux mines) quand on a trouvé un engin explosif improvisé (IED) télécommandé », raconte le soldat Michael Lawson, 28 ans. L'objet suspect est un bidon en plastique jaune câblé, enterré sur le chemin longeant la route, en face d'une maison en terre...
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