« Nous sommes confiants d'être élus », a déclaré avec assurance le représentant permanent du Liban auprès de l'ONU, Nawaf Salam, lors d'un entretien accordé à L'Orient-Le Jour au Palais de Verre. « Le Liban n'a été qu'une seule fois membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, en 1953 et 1954, soit depuis plus de cinquante ans », a-t-il rappelé. C'était sous l'égide de Charles Malek, l'un des artisans de la Déclaration universelle des droits de l'homme, et ancien président de l'Assemblée générale des Nations unies et du Conseil économique et social relevant de l'ONU. « Le Liban a présenté sa candidature en 1996. Elle a été approuvée par le groupe arabe en 1997, donc depuis plus de douze ans. Après le groupe arabe, le Liban a eu l'approbation du groupe asiatique. L'année dernière, notre pays a obtenu l'appui de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) », a-t-il ajouté.
M. Salam a expliqué la procédure de l'alternance suivie, faisant état d'une entente entre les États d'Afrique et d'Asie pour qu'un siège soit attribué à un État arabe d'Afrique, puis à un État arabe d'Asie.
Quelle sera donc la mission du Liban au sein du Conseil de sécurité ? Du haut de la tribune de l'ONU, le chef de l'État avait réitéré l'attachement du Liban à la Charte des Nations unies et aux résolutions de la légitimité internationale. Il avait réaffirmé également sa disposition à prendre part, dans un esprit de responsabilité et de sérieux, dans les deux années à venir, aux délibérations du Conseil de sécurité et aux résolutions qui en émaneront, notamment celles relatives au maintien de la sécurité et de la paix au Proche-Orient. L'ambassadeur Salam a réaffirmé que « le Liban ne cesse d'appeler au respect des résolutions et des décisions des divers organes de l'ONU, notamment l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité et la Cour internationale de justice, et continuera de le faire ».
Désarmement et dénucléarisation du Moyen-Orient
En tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, quel impact pourrait avoir le Liban sur la paix et la sécurité internationales ? Pour le représentant Nawaf Salam, il est entendu que « le Liban aspire à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, basée sur les principes et les normes du droit international, les décisions appropriées de l'ONU et l'initiative de paix arabe ». « Le Liban a une position claire sur la nécessité du désarmement et de la dénucléarisation du Moyen-Orient, ainsi que sur l'élimination des armes biologiques et l'interdiction des bombes à sous-munitions, qui font en permanence des victimes sur son territoire. » Et d'ajouter : « Il est certain que le Liban, travaillant au sein du Conseil de sécurité, contribuera à la paix et à la sécurité internationales et plaidera pour le respect du droit international. »
La crise politique et le retard mis à la formation d'un nouveau gouvernement mettraient-ils en péril l'action du Liban au sein du Conseil de sécurité ? « Nous avons un gouvernement en place. Il n'y a pas de vide constitutionnel ou politique », a-t-il assuré. « Malgré la crise politique, les institutions du pays fonctionnent et le Liban a une bien meilleure santé politique que d'autres pays membres du Conseil ou d'autres candidats », a-t-il dit.
En élargissant ses locaux et en renforçant ses effectifs, la mission du Liban à l'ONU semble parée à toutes les éventualités. La numéro 2 de la mission du Liban à l'ONU, Caroline Ziadé, qui est appelée à jouer un plus grand rôle, sera secondée par Ibrahim Assaf et Magdi Ramadan déjà sur place à New York pour rejoindre Fady Ziadé, Toufic Jaber et Ali Karanouh, qui sont déjà sur place.

