Il est petit, un discret rectangle de 14 x 10,5 cm, une soixantaine de pages. À emporter avec soi, dans sa poche, son sac, à feuilleter sur la plage, en avion, dans un café, de jour ou de nuit. Road Trips est un mensuel crée par des jeunes, pour les jeunes, soufflant un regard neuf sur la scène artistique, culturelle, nocturne libanaise. Un guide qui dit où, quand, comment et que voir, dans un calendrier détaillé du mois et qui met en avant toutes les activités intéressantes du pays diurne et nocturne, ainsi que de nouveaux talents et lieux libanais.
Énergie et projets
Jad Makarem est né aux États-Unis, de parents libanais. Après avoir vécu son enfance à Lagos et son adolescence au sud de la France, après s'être spécialisé en système d'information géographique, il décide de rentrer définitivement au Liban en janvier dernier. « Ce sont les opportunités qui m'ont ramené. Quand le pays le permet, travailler ici peut se faire dans des conditions idéales. Il y a plein de choses à faire, poursuit le jeune homme qui parle aussi vite qu'il ne pense, c'est-à-dire avec beaucoup d'impatience et de passion. Tant de personnes talentueuses qui sont encore dans l'ombre. J'ai voulu créer un support pour tout artiste, pour tout évènement qui se prépare, permettre aux artistes locaux de communiquer ce qu'ils font, et aux lecteurs de savoir ce qu'il y a à voir. »
Road Trips propose ainsi au jour le jour tous les évènements musicaux, culturels, artistiques, activités en plein air, avec mention de l'heure, du tarif et du lieu. « Nous tentons de lister tous les évènements, à condition de recevoir l'information. » La tâche n'est évidemment pas facile. « Je suis seul, avec ma base de données, sur mon ordinateur. C'est un travail de fou. » Il est assisté par les graphistes Ribale Haïdar et Lea Yammine, et la forme du support est également soignée, mettant en avant cette diversité culturelle essentielle aux yeux de l'équipe. L'artiste du mois, souvent le portrait d'un jeune artiste encore inconnu ou méconnu, une page sur la prévention routière, avec une bande dessinée signée Mohammad Abdouni ou un article signé par un DJ du mois.
Devenu un travail à temps plein, même si Jad a un autre métier qui lui permet de vivre, « Je n'accepterais pas des publicités qui risquent de défigurer son âme », ce magazine est surtout devenu une passion, une plate-forme dans laquelle des personnalités, des goûts sont communiqués. Le site Internet crée « pour ceux qui habitent loin des villes et des points de distribution », suit cette même logique d'échange et d'interaction. « Je souhaite, souligne-t-il, que les grandes entreprises s'associent à nos efforts pour construire avec les jeunes un avenir plus solide et les pousser à rester au pays. »
Road Trips, encouragé par le ministère du Tourisme et par Nada Sardouk, est un petit magazine alternatif tiré à 20 000 exemplaires, qui veut rester « petit et alternatif ». Distribué gratuitement dans toutes les librairies, les supermarchés, les festivals, aux portes des universités, « parfois sans même que je sois prévenu, ce qui est génial ! », Road Trips, c'est aussi, conclut Jad Makarem avec humour, « dans un pays où l'on passe tellement d'heures dans les embouteillages, une manière de prendre la route d'une manière plus sympathique ! »


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