« Il y a une nouvelle proposition » de Magna, a déclaré un porte-parole du ministère de l'Industrie.
Hier, s'est tenue à Madrid une réunion entre Magna, les syndicats, le ministre de l'Industrie socialiste, Miguel Sebastian, et des représentants du gouvernement régional d'Aragon (Nord) mais les syndicats ont quitté la table à la mi-journée, affirmant que Magna maintenait sa proposition initiale de délocaliser une partie de la production en Allemagne, ce qui était inacceptable pour eux.
Le ministre et le gouvernement régional ont continué de négocier avec Magna pendant l'après-midi, débouchant sur cette nouvelle proposition.
L'objet de cette réunion était de négocier les projets de Magna pour l'usine espagnole d'Opel, à Figueruelas, près de Saragosse (Nord), qui emploie 7 000 personnes. Magna souhaite réduire le nombre d'emplois d'environ 1 300 et surtout délocaliser une partie de la production vers l'Allemagne, ce à quoi sont opposés les syndicats.
« Magna, sans données économiques claires, continue de dire qu'il est nécessaire de délocaliser à Eisenach, en Allemagne (où se trouve déjà une usine du groupe, ndlr), la production du modèle Corsa trois portes », ainsi qu'une partie de la production de pièces détachées, également vers l'Allemagne.
La nouvelle proposition de Magna porte sur « le plan industriel », c'est-à-dire le futur de l'usine, a déclaré le porte-parole, sans entrer dans plus de précisions, au motif qu'il convient aux syndicats d'évaluer cette proposition.
Cette réunion aura lieu à Saragosse et le gouvernement sera également représenté.
Le projet de vente d'Opel par l'américain General Motors à l'équipementier canadien Magna, assorti de milliers de suppressions d'emplois, a suscité des critiques de plusieurs pays européens, dont l'Espagne, qui accusent l'Allemagne d'avoir piloté l'opération avec des arrière-pensées politiques plus qu'économiques.
Magna a été choisi le mois dernier par General Motors pour reprendre, conjointement avec la banque russe Sberbank, 55 % de sa filiale européenne en difficulté Opel.
Celle-ci emploie quelque 50 000 salariés en Allemagne, en Espagne, en Belgique et en Pologne, ainsi qu'au Royaume-Uni, sous sa marque Vauxhall.
Le financement du rachat fait l'objet de discussions difficiles à l'échelle européenne.
Magna réclame 4,5 milliards d'euros de fonds publics pour mener à bien la transaction, une somme que l'Allemagne, qui avait accepté d'avancer des fonds pour préserver les emplois sur son sol, veut répartir entre tous les Etats européens concernés, donc y compris l'Espagne.
Magna prévoyait initialement de supprimer environ 1 700 emplois à Figueruelas, avant de ramener début octobre ce chiffre à 1 300.
Le gouvernement espagnol est confronté à une difficile situation économique et à l'envolée du chômage, qui frappe près de 18 % de la population.
Selon un porte-parole du gouvernement régional d'Aragon, l'activité de l'usine de Figueruelas génère un total d'environ 14 000 emplois (7 000 à l'usine et 7 000 parmi les sous-traitants).

