Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Deir el-Qamar, « la ville modèle»

Par Andrée SALIBI
« Agir, c'est une création continue  » Edmond Jaloux

Dans le cadre de « Deir el-Qamar, cité des émirs de la plume », j'ai assisté à une table ronde qui s'est déroulée au Centre culturel français de cette ville. C'était une invitation de la Fondation Fouad Ephrem Boustany, du Centre culturel français et de la Fondation Karam Melhem Karam.
Un projet ambitieux a vu le jour, créé par Mounzer Boustany, ingénieur résolu et attaché à sa ville natale, président de la Société pour le développement de l'énergie éolienne et photovoltaïque SDEEP, ainsi que par des partenaires spécialisés. Ils œuvrent en cette démarche à fournir aux habitants de Deir el-Qamar l'énergie électrique, à un moindre coût. « Aider l'État en s'aidant soi-même » est leur devise, ils ont proposé aux utilisateurs une stratégie qui met en évidence l'intérêt d'améliorer notre quotidien, devenu pénible et coûteux. Ils prévoient de faire des économies d'énergies, de réduire la pollution et de profiter des sources d'énergies naturelles disponibles au Liban : l'eau, le vent et le soleil. Leur priorité est de sauvegarder l'environnement pour favoriser le développement sain de la ville. Ils s'acharnent ainsi à réduire les gaz à effets de serre (CO2, CH4, HFC, PFC, N20, SF1), à encourager la production de l'énergie de substitution, et cela grâce à des projets variés d'énergies renouvelables. Les conférenciers ont informé, chacun dans son domaine, les personnes présentes des résultats des expertises et des systèmes et matériels utilisés. Ils ont suggéré des mesures et des actions susceptibles d'accélérer ce progrès et de susciter la volonté de se promouvoir chez les Libanais.
Leur objectif est d'étendre cette expérience dans tout le pays du Cèdre, à travers des programmes ambitieux d'économies d'énergies et d'énergies renouvelables. Une coordination astucieuse entre les partenariats et une transmission généreuse des savoirs et des compétences grâce aux aptitudes de cette équipe, à son objectif de transformer le Liban en un pays écologique et sain.
M. Boustany a présenté les conférenciers. Ces derniers, chacun à son tour, ont su convaincre les personnes présentes du sérieux de leur projet et de leur vision futuriste. Le Collège Saint-Joseph de l'Apparition de Deir el-Qamar est un exemple vivant d'autant de bonnes résolutions et de parfaite exécution. Les bonnes sœurs ont accepté que leur école serve de terrain d'essai pour un modèle écologique durable. La tentative a été convaincante, et en peu de temps : les chauffe-eau et le chauffage de cet établissement fonctionnent d'ores et déjà sur l'énergie solaire ; quant à  l'électricité d'appoint, elle fut produite grâce à des panneaux photovoltaïques.
Selon l'ingénieur Jean-Louis Eddé, président de Green Entreprises SAL, la lampe CEL est une nouvelle source d'économie de l'énergie électrique. Deux cent cinquante maisons de Deir el- Qamar en sont déjà équipées dans le but de réduire la consommation de l'énergie électrique. La vente des lampes à incandescence est déjà interdite en Europe.
L'ingénieur Pierre el-Khoury, directeur du projet Lebanese Center for Energy Conservation, a surtout parlé du statut de l'énergie au Liban. Il a révélé que l'État libanais paie plus cher la production du courant électrique que le contribuable lui-même. Il faudrait donc faire beaucoup d'économies d'énergies pour alléger les pertes que l'État subit. L'utilisateur devrait s'astreindre à réduire sa consommation d'électricité et utiliser les énergies renouvelables. Le Liban a la chance d'avoir les deux éléments vitaux pour ce plan ambitieux : le soleil et le vent.
Il est utile de savoir que l'État libanais est en train de faciliter les investissements pour les projets d'énergie renouvelables, que les banques libanaises, pour leur part, octroient des prêts pour des périodes de dix ans et sans intérêts.
Le Dr Adnan el-Kaïssi, directeur de Somiral SARL, a évoqué la possibilité de fournir et de stocker les énergies de substitution. Comme le Liban a la chance d'avoir le soleil et le vent, les chauffe-eau solaires et les éoliennes représentent des mesures efficaces pour de tels projets. Le problème du stockage de l'électricité est résolu grâce aux nouvelles batteries à stockage durable (à 5 000 cycles), et aux nouveaux régulateurs de courant. Les nouvelles lampes LED type « windella », à faible consommation d'énergie, seront utilisées par la municipalité de Deir el- Qamar pour l'éclairage public,
L'architecte Élie Hawi a su communiquer au public son admiration pour l'architecture libanaise. Il a défini, en des termes clairs, la construction durable. Selon lui, c'est à la base que les problèmes devraient être résolus. L'architecture vernaculaire devrait être prise en considération : elle consiste à se rapprocher des conditions naturelles de la région et du milieu dans lequel on construit (prendre en considération les positions du soleil, des vents dominants, de la pluie, introduire l'eau au besoin, les plantes, les arbres, profiter des ombres, de leurs effets rafraîchissants, étudier les dimensions des ouvertures en fonction de leurs besoins...).
La population augmente dans le monde et, d'année en année, dans les grandes villes. L'urbanisation devrait être sérieusement prise en considération. Le réchauffement de la planète inquiète tout le monde. Une prise de conscience par les États les plus riches représente une priorité absolue. Le protocole de Kyoto vise à lutter contre les changements climatiques en réduisant les émissions de gaz carbonique. Et le plan Sarkozy « d'énergie solaire régional » offre aux collectivités des prêts faciles pour financer tous les projets d'énergies renouvelables.
Le projet de Deir el-Qamar est un projet avant-gardiste. Des mesures et des nouveautés techniques énormes s'opèrent déjà selon les normes internationales et dans des délais précis. Selon M. Boustany, aujourd'hui c'est Deir el-Qamar ; demain ce serait Zahlé, puis le Sud, le Nord et, pourquoi pas, tous les villages du Liban. De quoi se suffire, améliorer notre qualité de vie et planifier notre avenir.
« Agir, c'est une création continue  » Edmond JalouxDans le cadre de « Deir el-Qamar, cité des émirs de la plume », j'ai assisté à une table ronde qui s'est déroulée au Centre culturel français de cette ville. C'était une invitation de la Fondation Fouad Ephrem Boustany, du Centre culturel français et de la Fondation Karam Melhem Karam.Un projet ambitieux a vu le jour, créé par Mounzer Boustany, ingénieur résolu et attaché à sa ville natale, président de la Société pour le développement de l'énergie éolienne et photovoltaïque SDEEP, ainsi que par des partenaires spécialisés. Ils œuvrent en cette démarche...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut