Des dizaines de cadavres affreusement mutilés et brûlés gisaient peu après l'explosion le long d'un autobus réduit à l'état de carcasse fumante et couché sur le flanc par la puissance de la déflagration. La police estime la charge, cachée dans les portières et les flancs de la voiture, à plus de 100 kg.
Il s'agit du sixième attentat en quatre mois à Peshawar, la tentaculaire capitale de la Province de la frontière du Nord-Ouest (NWFP), non loin des zones tribales frontalières avec l'Afghanistan, où l'armée a lancé récemment des offensives contre les talibans pakistanais et leurs alliés étrangers d'el-Qaëda. Au total, ces six attentats, dont cinq suicide, ont fait pour l'heure 74 morts. Ils ont, pour la plupart, été revendiqués par le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), qui a fait allégeance à la nébuleuse de Ben Laden et qui combat le gouvernement et l'armée d'Islamabad, qu'il accuse de s'être alliée depuis fin 2001 à Washington dans sa « guerre contre le terrorisme ».
Récemment, le nouveau chef du TTP, Hakimullah Mehsud, a juré de multiplier les attaques contre « l'Amérique et le Pakistan » pour venger la mort de son prédécesseur Baïtullah Mehsud, tué le 5 août dans un des nombreux tirs de missiles guidés américains qui s'abattent régulièrement sur les zones tribales. Ce nouvel attentat survient après des offensives de l'armée, sous la pression des États-Unis, dans cette zone. Mardi, le porte-parole du TTP, Azam Tariq, avait menacé d'intensifier les attaques contre ceux qui « travaillent pour les intérêts américains ».
« Nous avons envoyé davantage de kamikazes dans tout le pays et leur avons assigné des cibles », avait-il annoncé.
Ce regain de violences intervient alors que Barack Obama a lancé un vaste réexamen de la stratégie américaine en Afghanistan, huit ans après l'intervention militaire qui a chassé du pouvoir les talibans après les attentats du 11 septembre 2001. Le président américain est notamment appelé à décider dans les prochaines semaines s'il accède ou non à la demande de renforts de son commandant en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, qui demande jusqu'à 40 000 soldats supplémentaires, malgré l'opposition grandissante des Américains. Dans tous les cas, les collaborateurs de M. Obama ont signifié que la nouvelle stratégie ferait une place importante au Pakistan, où les Américains ont multiplié les attaques de missiles contre des talibans et el-Qaëda. Le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs, a souligné que « la plupart, sinon presque tous » les membres du réseau d'Oussama Ben Laden qui chercheraient à s'en prendre à nouveau aux États-Unis étaient au Pakistan.


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