« La saison des résultats est lancée et Alcoa a donné le ton », estime John Wilson, de la maison de courtage Morgan Keegan.
Le bilan de la première société de l'indice Dow Jones à publier ses résultats du troisième trimestre était très attendu. Contre toute attente, le producteur d'aluminium a annoncé un bénéfice de 77 millions de dollars sur la période, après trois trimestres consécutifs de pertes.
La nouvelle a non seulement dopé le titre Alcoa, mais encore elle a dynamisé l'ensemble des marchés dans le monde.
Les matières premières ont elles aussi progressé, reflet de l'optimisme ambiant : le pétrole s'est en effet renchéri d'environ 3 % et l'or a atteint de nouveaux records.
« L'aluminium est un produit critique pour l'industrie, c'est donc de bon augure pour le secteur et la reconstitution des stocks » des entreprises, explique Marc Pado, analyste de Cantor Fitzgerald.
« On voit des signes d'amélioration de la situation, non pas qu'elle soit devenue formidable, mais elle se stabilise, et c'est ce qui compte pour ce troisième trimestre », ajoute-t-il.
Il souligne qu'il est plus important de savoir si on a passé le pire de la crise plutôt que de constater une croissance des résultats.
En dépit du bénéfice inattendu d'Alcoa, ce résultat reste presque quatre fois inférieur à celui enregistré au troisième trimestre 2008. Et son chiffre d'affaires est en baisse de 34 %.
L'agence Standard & Poor's prévoit que les bénéfices des entreprises, composant son indice S&P 500, s'inscriront sur le trimestre en recul de 7 % en moyenne en glissement annuel, contre une baisse de 19 % le trimestre précédent.
« La route reste longue avant que l'on puisse voir la saison des résultats dans le rétroviseur. Inutile de dire qu'il est bien trop tôt pour fanfaronner. Cela dit, on ne refuse pas la bonne nouvelle d'Alcoa », a commenté dans une note John Stoltzfus, de la maison de courtage Ticonderoga Securities.
La période de publication des résultats d'entreprises ne va s'intensifier que la semaine prochaine, pour durer près d'un mois.
Parmi les grands noms attendus dans les jours à venir, on note plusieurs géants des secteurs technologique (Intel, Google, IBM) et bancaire (JPMorgan Chase, Goldman Sachs, Citigroup et Bank of America).
Le conglomérat General Electric, aux activités très variées, sera particulièrement suivi.
« Les attentes restent assez faibles, cela devrait générer des nouvelles meilleures que prévu », estime Alexander Young, du département actions de Standard & Poor's.
Les autres entreprises ayant dévoilé leurs comptes trimestriels ont toutes dépassé les prévisions des analystes. C'est le cas du producteur de sodas et snacks PepsiCo, la chaîne d'hôtellerie Marriott, ou mercredi, le distributeur Costco et le groupe de restauration Yum ! Brands, qui regroupe, entre autres, les chaînes Taco Bell et Pizza Hut.
L'accueil n'a toutefois pas toujours été enthousiaste. Les actions PepsiCo, Marriott ou Yum! ont même baissé, le chiffre d'affaires - reflet de l'activité des sociétés - étant jugé décevant.
« Ce qui est déjà pris en compte, c'est que les attentes sont si basses que tout le monde va les battre », avance Mace Blicksilver, du gestionnaire d'actifs Marblehead Asset Management.
« Les bénéfices se sont améliorés, mais pas les chiffres d'affaires. À l'avenir, il va devenir difficile d'augmenter les marges si les revenus ne progressent pas », dit-il.


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