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Moyen Orient et Monde - Conflit

Après 8 ans, la sanglante routine de la guerre en Afghanistan

Les marines américains essaient toujours de casser l'emprise des talibans.

Huit ans jour pour jour après le début des opérations militaires qui ont mené à la chute du régime des talibans en Afghanistan, les marines américains essaient toujours de casser l'emprise des insurgés dans l'ouest rural du pays, dans une morne et sanglante routine. Le sort du pays dépend d'un débat qui se déroule à des milliers de kilomètres de là, à Washington : envoyer ou non des renforts, sans lesquels l'état-major américain prévient que la guerre pourrait être perdue d'ici à un an. Dans la province de Farah, la passe de Bhuji Bhast, longue de 36 km, est un couloir taliban constellé d'un bout à l'autre de bombes artisanales, ou IED (Improvised Explosive Devices) dans le jargon militaire. La passe est jalonnée de villages hostiles à la présence des troupes occidentales. Un expert en explosifs décrit la région comme « l'endroit le pire et le plus effrayant au monde ». Des centaines de marines, accompagnés de soldats de l'armée afghane, se mettent en route avant l'aube à la recherche de bombes. Les soldats attendent le lever du soleil pour se frayer un chemin à travers des champs de maïs et de cannabis jusqu'aux villages voisins, une progression entrecoupée de brèves rafales de mitrailleuse.
Dans des cabanes de terre séchée, des Afghans aux traits burinés regardent avec surprise les marines commencer à chercher du matériel servant à fabriquer des bombes. À l'extérieur, des femmes en burqas se serrent les unes contre les autres, entourées de bétail et de volaille.Le caporal Gabe Heckler émerge d'une cabane, une pile électrique coupée en deux et une tige de carbone à la main. « La seule raison pour laquelle on démonterait ainsi une pile, c'est que quelqu'un a fabriqué des IED ici », dit-il. À quelques mètres de là, d'autres marines découvrent de l'engrais, des fils électriques, des munitions, des détonateurs de grenade et des photos représentant des combattants talibans. Une jeune fille, tenant un pistolet à la main, l'a jeté au sol à l'arrivée des soldats. « Nous allons arrêter deux personnes, le propriétaire de la maison et son frère. Le frère a perdu un bras, lors de l'invasion soviétique selon lui. Ces types mentent de manière évidente à propos de leur âge, car ils ont l'air d'avoir 50 ans et disent en avoir 20 », estime le lieutenant Shane Harden. « Pour l'instant, l'opération se déroule plutôt bien. Je pense que nous avons perturbé leurs activités. C'est une bonne trouvaille », se réjouit-il. Les IED sont l'arme favorite des talibans, dont l'influence ne cesse de s'étendre dans tout le pays. Hier, un IED contenant 27 kg d'explosifs s'est déclenché au passage d'un blindé détecteur de mines dans la passe de Bhuji Bhast, sans faire de blessés.
Ces engins bon marché et difficiles à détecter sont responsables des trois quarts des pertes des forces internationales. 2009 est déjà l'année la plus meurtrière pour les militaires étrangers, avec 400 morts depuis le début de l'année. Depuis le 7 octobre 2001, date du début des opérations américaines en Afghanistan, 1 445 soldats étrangers, dont 869 Américains, y ont perdu la vie. Les talibans avaient alors été chassés du pouvoir en quelques semaines, par des bombardements aériens américains et des opérations militaires au sol essentiellement menées par l'Alliance du Nord, une coalition de chefs de guerre afghans. Mardi, les talibans ont prévenu qu'ils étaient prêts à une « longue guerre », renouvelant leur appel aux forces internationales à quitter l'Afghanistan.
Huit ans jour pour jour après le début des opérations militaires qui ont mené à la chute du régime des talibans en Afghanistan, les marines américains essaient toujours de casser l'emprise des insurgés dans l'ouest rural du pays, dans une morne et sanglante routine. Le sort du pays dépend d'un débat qui se déroule à des milliers de kilomètres de là, à Washington : envoyer ou non des renforts, sans lesquels l'état-major américain prévient que la guerre pourrait être perdue d'ici à un an. Dans la province de Farah, la passe de Bhuji Bhast, longue de 36 km, est un couloir taliban constellé d'un bout à l'autre de bombes artisanales, ou IED (Improvised Explosive Devices) dans le jargon...
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