Jusqu'à présent, Dominique de Villepin, accusé d'avoir trempé dans une machination pour déstabiliser Nicolas Sarkozy avant l'élection présidentielle de 2007, avait montré beaucoup d'assurance dans l'affirmation de son innocence et avait même pu profiter de quelques erreurs du camp présidentiel.
« Le général Rondot avait réussi ses écrits, et hier, il a réussi son oral », s'est félicité mardi Me Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, au lendemain du témoignage du militaire qui a contredit la version de l'ex-Premier ministre à plusieurs reprises. Alors que le général a « déposé sous serment », a souligné l'avocat sur la radio Europe 1, Dominique de Villepin est « un prévenu comme les autres, et à ce titre, il a le droit de nier et de mentir ». « J'ai noté qu'hier soir, contrairement à son habitude, il ne s'était pas précipité vers les forêts de micros et de caméras, et qu'il avait préféré partir par une porte dérobée », a encore relevé l'avocat qui représente Nicolas Sarkozy sur le banc des victimes de cette affaire.
Au premier jour du procès, le 21 septembre, Dominique de Villepin s'était présenté devant les journalistes. « Je sortirai libre et blanchi au nom du peuple français », avait-il lancé solennellement, dénonçant l'« acharnement » de Nicolas Sarkozy contre lui. Si la déposition du général Rondot n'établit pas que Dominique de Villepin a participé à la manipulation qui a consisté à inscrire le nom de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, sur des listings bancaires afin de les discréditer en faisant croire qu'ils détenaient des comptes occultes, elle fragilise toutefois sa position.
L'ancien agent des services de renseignements, chargé en 2003-2004 d'enquêter sur l'affaire Clearstream, a en particulier affirmé que le nom de Nicolas Sarkozy avait été cité plusieurs fois en janvier 2004 lors d'une réunion consacrée à ces listings avec Dominique de Villepin. Ce que nie ce dernier. Depuis le début du procès, l'ex-Premier ministre et ennemi de Nicolas Sarkozy tient bon, répondant pied à pied à toutes les accusations portées contre lui. Il a en particulier passé sans encombre son interrogatoire par le tribunal.
Ses contradicteurs et coaccusés, Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, et Imad Lahoud, mathématicien et faussaire présumé des listings, sont jusque-là apparus peu crédibles : le premier se disant lui-même « obsédé des complots », le second étant qualifié de « menteur » par l'accusation. Dominique de Villepin, qui joue son avenir politique dans ce procès, a également su tirer parti d'un lapsus apparent de Nicolas Sarkozy. Interrogé depuis New York sur les grandes chaînes de télévision, le 23 septembre, le président français avait qualifié de « coupables » les inculpés du procès Clearstream, une atteinte à la « présomption d'innocence », principe de base du droit français.
Hier, c'était au tour d'un célèbre juge financier, Renaud Van Ruymbeke, destinataire des fichiers falsifiés de l'affaire Clearstream, de témoigner devant le tribunal correctionnel de Paris. Il s'est défendu d'avoir voulu nuire à Nicolas Sarkozy. Ce magistrat emblématique de 57 ans, qui a notamment instruit l'affaire des détournements de fonds à Elf et retrouvé l'assassin de la fillette britannique Caroline Dickinson en 1996, a vu sa carrière freinée par l'affaire. Il est poursuivi devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Entendu comme témoin au huitième jour du procès de ce complot, il a raconté comment M. Gergorin lui avait remis au printemps 2004 les listings comportant les patronymes hongrois de Nicolas Sarkozy et qui devaient se révéler faux. Il a admis avoir accepté de verser au dossier ces informations sous forme de lettres anonymes, mais s'est dit de bonne foi, assurant qu'il n'avait jamais consenti explicitement à cette procédure, suspectée d'être irrégulière.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef