Ce geste de bonne volonté affichée survient alors que les négociations sur le nucléaire sont dans l'impasse depuis que le régime stalinien en a claqué la porte au mois d'avril, après un tir de missile controversé sanctionné par le Conseil de sécurité de l'ONU. En signe de protestation, Pyongyang a joué l'escalade en procédant, le 25 mai, à son deuxième essai nucléaire depuis celui d'octobre 2006.
Paradoxalement, la Corée du Nord, qui ne cesse de vitupérer contre « l'hostilité » des « impérialistes américains », est obsédée par des pourparlers directs avec Washington. Pyongyang juge en effet que les États-Unis sont les seuls à pouvoir offrir au régime un pacte de non-agression, voire un traité de paix. La guerre de Corée (1950-1953) s'est terminée par un simple armistice, laissant techniquement la péninsule coréenne en état de guerre. Le porte-parole du département d'État américain, Ian Kelly, a cependant affiché la plus grande prudence après l'ouverture du Nord. Il a ainsi indiqué que son pays et ses partenaires de dialogue au sein des négociations à Six souhaitaient que la Corée du Nord « s'engage dans un dialogue qui mène à une dénucléarisation complète et vérifiable de la péninsule coréenne en suivant des étapes irréversibles ». « Les États-Unis continuent à être de bonne volonté pour discuter avec la Corée du Nord de manière bilatérale dans le cadre des discussions à Six, pour convaincre la Corée du Nord de s'engager sur la voie d'une dénucléarisation complète », a ajouté M. Kelly.
Puissance nucléaire militaire depuis octobre 2006, la Corée du Nord est coutumière des volte-face afin de négocier en position de force. Le régime a ainsi reçu des dizaines de milliers de tonnes de fioul sans jamais céder sur le fond : son principal réacteur a Yongbyon a bien été mis hors service en 2007, mais les autorités ont à plusieurs reprises affirmé avoir réactivé le site. Selon l'agence Yonhap citant une source au sein du ministère de la Défense, le Nord en serait à la phase finale de réhabilitation de Yongbyon. « Des signes montrent que la réhabilitation du site de Yongbyon est entrée dans sa phase finale », a affirmé à Yonhap cette source se fondant sur des renseignements des services secrets sud-coréens (NIS) communiqués au Parlement cette semaine.
Réagissant à l'annonce de Pyongyang, la Russie a salué hier l'intention de la Corée du Nord et des États-Unis d'avoir un dialogue bilatéral. Le Japon, pour sa part, a espéré que les discussions reprendraient vite.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef