« Il y a là quelque chose qui contredit l'édifice même sur lequel repose le régime », a-t-il ajouté, commentant pour la presse le processus de formation du gouvernement.
« On dirait qu'il n'y a plus d'opposition au Liban (...) ; les ministères se sont transformés en monopoles que les partis mettent au service de leurs clientèles respectives. Voilà ce dont je me plains », a ajouté le parlementaire, qui redoute que la formation de gouvernement d'entente nationale soit désormais de règle.
Après avoir suggéré que les partis laissent au Premier ministre désigné la possibilité de choisir ente plusieurs ministrables, plutôt que de lui imposer des noms précis, Harb a affirmé qu'en cas d'échec, cette fois, « le Liban se trouvera devant une crise de régime », puisque « la formule proposée échouera de nouveau, indépendamment de la personnalité désignée pour former le gouvernement ».
Pour sa part, Ahmad Fatfat s'est montré très circonspect au sujet de la possibilité de former le nouveau gouvernement « dans les deux semaines qui viennent ». « Si le climat était à l'optimisme, nous n'aurions pas vraiment besoin de deux semaines », a-t-il dit, relevant en outre que le climat d'optimisme est contredit « par ce que nous lisons dans la presse syrienne ».
M. Fatfat a par ailleurs exclu totalement que le Premier ministre désigné se rende en Syrie, avant la formation du gouvernement, mettant à profit la présence dans ce pays du monarque wahhabite.
« « Je ne pense pas qu'une telle initiative soit bénéfique pour le Liban ou la Syrie, au contraire ; elle donnera l'impression que les gouvernements libanais se forment à Damas. »
L'ancien ministre, Joe Takla, a pour sa part dit attendre la formation du gouvernement d'ici à trois semaines, ajoutant que « les entretiens syro-saoudiens ont beaucoup aidé à cet égard ».
Certes, a dit M. Takla, tous les problèmes régionaux ne sont pas réglés, mais la formule 15-10-5 est celle qui peut réunir le plus grand nombre d'adhésions, encore qu'on parle aussi d'une formule 14-9-7.
Le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel-Amir Kabalan, est revenu à la charge, hier, pour souligner l'importance de la notion de « partenariat » dans l'exercice du pouvoir, au sein d'un cabinet d'union nationale.
Pour M. Kamel Rifaï (Hezbollah), les chances de voir un gouvernement formé ne dépassent pas les 50 %.
Geagea : «Le 8 Mars joue la comédie »
Pour sa part, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a douté hier du « sérieux » du camp du 8 Mars, estimant qu'en affirmant sa hâte de voir un gouvernement d'union formé, « il joue la comédie ».
Pour M. Geagea, l'opposition cache son jeu sous les dehors d'un « climat optimiste » qui prévaudrait, alors « qu'il n'y a rien de nouveau en ce qui concerne le gouvernement ».
Et d'insister sur la nécessité, pour le président de la République et le Premier ministre désigné d'exercer leurs prérogatives constitutionnelles, considérant que « le pays ne peut plus rester sans gouvernement plus longtemps, du seul fait qu'un camp politique déterminé, et non une communauté, n'en veut pas ».
Pour M. Geagea, « le président de la République et le Premier ministre désigné sont placés devant une alternative et une seule : former le gouvernement ou ne pas le former, indépendamment de la formule gouvernementale qui sera adoptée ».

