Il a indiqué que les Forces libanaises « ne réclament pas de portefeuilles déterminés et notamment pas le ministère des Télécommunications qui représente une affaire délicate en raison de son rapport direct avec l'action des services de sécurité, ce qui explique la nécessité de nommer la personne adéquate à sa tête ». M. Geagea a souligné qu'il n'existe aucun problème personnel entre lui et M. Gebran Bassil, mais un problème politique. Il a rappelé qu'il est dans l'habitude des présidents et des Premiers ministres désignés de ne pas confier des portefeuilles ministériels à des candidats malheureux aux élections. « Si Gebran Bassil, Élie Skaff, Farès Souhaid ou Carlos Eddé sont nommés, imaginez un peu ce que sera le gouvernement. Nous ouvrirons de la sorte une porte dont nous pouvons nous passer », a-t-il commenté.
Le chef des FL a aussi affirmé que le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, n'a pas non plus de problème personnel avec M. Bassil ou avec d'autres candidats malheureux aux élections. « Ce n'est pas son opposition à la nomination de ces derniers au sein du gouvernement qui pose problème surtout qu'il y a eu un accord dès le départ entre les pôles politiques sur ce point. Le patriarche était d'accord avec eux à ce sujet et aujourd'hui, il affirme que cela ne pose pas de problème si le chef de l'État et d'autres n'y voient pas d'inconvénient », a-t-il expliqué.
M. Geagea a mis l'accent sur la nécessité que les partisans d'un gouvernement d'union nationale fassent des concessions et a critiqué les remarques du quotidien syrien Techrine au sujet du système libanais, qu'il avait présenté comme étant moribond. « Le quotidien en question n'a rien à voir avec le Liban qui nous concerne à nous et pas à lui. Il ferait mieux de s'occuper du système syrien pour que celui-ci puisse s'élever au niveau des systèmes internationaux et devienne compatible avec le XXIe siècle », a-t-il observé.
De son côté, M. Boutros Harb a également critiqué Techrine, soulignant que « le système libanais est en jeu à cause des tentatives de le déformer, de fouler aux pieds la volonté populaire et les règles constitutionnelles dans le processus de formation du gouvernement ».
Concernant ce dernier point, il a considéré que s'il faut former une équipe « pour faire plaisir à un tel ou un tel et introduire des ministres avec des gants pour qu'ils puissent se taper dessus, le Conseil des ministres deviendrait alors un club pour les débats politiques et non pas une autorité qui prend des décisions pour gérer les affaires de la population ».
Quant à Mme Sison, elle a expliqué à la presse qu'elle a discuté avec M. Geagea des négociations syro-américaines, affirmant que celles-ci prennent en considération les intérêts du Liban « en priorité ».

