Cet appel intervient alors que la présidente Gloria Arroyo a estimé que la tempête Kestana avait représenté « un événement extrême qui a poussé à leurs limites nos services de secours ». La ministre à l'Aide sociale, Esperanza Cabral, a déclaré que le pays avait particulièrement besoin d'équipements lourds pour dégager les routes. Elle a également indiqué que de nouvelles précipitations étaient annoncées sur le pays, qui pourraient rendre la situation encore plus difficile.
Avant même le lancement officiel de l'appel à l'aide, la communauté internationale a déjà commencé à se mobiliser. Des commandos de la marine américaine sont intervenus pour sauver de l'inondation 52 habitants dont une femme en plein accouchement. Par ailleurs, des fonds ont déjà été envoyés par les États-Unis, la Chine, Singapour et des agences des Nations unies. Tokyo a également annoncé l'envoi d'une aide alimentaire d'urgence pour un montant de 220 000 dollars américains.
Parallèlement, les habitants de Provident Village, une banlieue de Manille submergée par les inondations, tentaient hier de devancer les pilleurs et de sauver ce qui pouvait l'être. « Nous espérons récupérer quelque chose de notre maison s'il y a encore quelque chose à sauver », témoigne Jun de Guzman, 48 ans. Mais pour d'autres résidents, il est déjà trop tard. Des pilleurs ont « visité » les maisons abandonnées, faisant main basse sur les appareils électriques, les téléviseurs et tout objet de valeur.
Dans les rues où s'empilent des voitures poussées par les flots boueux, deux policiers patrouillent.
Ailleurs, les habitants racontent l'histoire de Muelmar Magallanes, jeune ouvrier de 18 ans, qui a sacrifié sa vie pour en sauver 30. C'est après un dernier sauvetage héroïque, celui d'un bébé de six mois, que le jeune homme est mort, emporté par les eaux.


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