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Moyen Orient et Monde

La faute à l’Autre…

Il eut fallu être bien candide pour penser que la défaite du candidat égyptien - arabe et africain -, Farouk Hosni à la tête de l'Unesco face à la Bulgare Irina Bokova pourrait déclencher une remise en question dans le monde arabo-musulman en général, et en Égypte plus particulièrement.
En effet, au lendemain de l'échec de sa candidature pour en devenir directeur général, le ministre égyptien de la Culture a accusé l'Unesco d'être devenue « politisée », alors que la presse égyptienne s'est déchaînée contre « le complot des grandes puissances » et contre « les pressions exercées par le lobby juif et sioniste ». En outre, des responsables au Caire ont dénoncé une campagne de « calomnies et de désinformations » véhiculée par les médias occidentaux, tandis que certains médias et intellectuels égyptiens ont parlé de la confirmation du « choc des civilisations », à l'instar du président du syndicat des écrivains arabes, Mohammad Salmawy, qui a stigmatisé « l'échec d'un Occident incapable d'accepter "l'Autre", un représentant du monde musulman et un candidat des pays du Sud ».
Ainsi une pléiade d'excuses ont déferlé ici et là afin de justifier ce camouflet pour ce proche du président Hosni Moubarak, accusant, en passant, les « autres » - Occident et Israël - d'être à l'origine de cette humiliation du régime égyptien. Toutefois, aucune voix en Égypte ou dans le monde arabe n'a eu le courage de remettre en question l'opportunité d'une candidature controversée, véritable cause de ce revers cuisant.
En effet, qualifié de « censeur », de « fossoyeur de la culture », ou d'« incompétent » par les milieux intellectuels et artistiques dans son pays, Farouk Hosni n'est même pas populaire en Égypte. Ministre de la Culture depuis vingt-deux ans, il est le symbole d'un pouvoir « liberticide », selon de nombreux Égyptiens, qui ne se montrent pas émus par son échec, voire s'en réjouissent.
Sur le plan international, il est également au centre d'une vive polémique pour ses propos jugés antisémites. Ainsi, il est mis en cause par ses détracteurs pour avoir déclaré l'an dernier qu'il « brûlerait lui-même » les livres en hébreu qu'il trouverait dans les bibliothèques de son pays. Une phrase « sortie de son contexte », selon M. Hosni et dont il s'est néanmoins excusé.
Toute une série de conjonctures expliquent donc le mauvais choix de la candidature égyptienne ayant entraîné logiquement un échec diplomatique pour Le Caire et le sentiment d'incompréhension et de frustration dans la rue arabe qui croyait aux chances de Farouk Hosni pour diriger l'Unesco.
Mais peut-on vraiment crier au complot accusant l'Occident de tous les maux, alors que la source du problème vient du cœur même du monde arabe ?
Au lieu de condamner ceux qui se sont opposés à M. Hosni, il aurait fallu choisir un candidat moins polémique, plus « vendable ». À vrai dire, les détracteurs du ministre égyptien de la Culture n'avaient pas besoin de faire un effort exceptionnel pour convaincre les membres de l'Unesco de voter contre lui. Il serait en fait surprenant de voir une candidature controversée présentée par un régime autoritaire connu pour sa censure en matière politique et culturelle, un pays où les discriminations contre les minorités religieuses sont légions, diriger l'Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture.
Mais heureusement, l'Unesco n'est pas la Ligue arabe, cette institution qui n'a le droit de fonctionner que si elle ne dérange aucun de ses États membres. Et où les décisions sont prises pour plaire à tel pays ou à tel dirigeant. D'où, en fin de compte, l'inefficacité de cette organisation, devenue au fil du temps un club fermé pour les dictatures de la région, dans la résolution des différents problèmes qui minent le Proche-Orient.
Espérons que les élections de l'Unesco seront un exemple à suivre pour l'Union pour la Méditerrané (UPM) dont le secrétaire général devrait être choisi prochainement. Sachant que dans le monde arabe une remise en question n'est qu'un vœu pieux, il revient donc principalement aux Européens d'écarter toute candidature « non vendable », au risque de froisser quelques-uns, et de choisir le candidat le plus efficace afin de redynamiser l'UPM, pour qu'elle ne finisse pas en institution fantôme à l'instar de la Ligue arabe.

Il eut fallu être bien candide pour penser que la défaite du candidat égyptien - arabe et africain -, Farouk Hosni à la tête de l'Unesco face à la Bulgare Irina Bokova pourrait déclencher une remise en question dans le monde arabo-musulman en général, et en Égypte plus particulièrement.En effet, au lendemain de l'échec de sa candidature pour en devenir directeur général, le ministre égyptien de la Culture a accusé l'Unesco d'être devenue « politisée », alors que la presse égyptienne s'est déchaînée contre « le complot des grandes puissances » et contre « les pressions exercées par le lobby juif et sioniste ». En outre,...
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