Parlemannews.ir. « Un groupe de conservateurs (...) voulaient le battre. Mais des partisans (de M. Khatami) les en ont empêchés », affirme ce site. Sur la place Haft e-Tir, des partisans du régime circulant à moto ont arrêté et matraqué plusieurs manifestants, selon des témoins. La police a ensuite dispersé le rassemblement.
Ailleurs dans le pays, des bassidjis, les membres de la milice islamique, ont attaqué des manifestants à Tabriz (Nord) et des forces de l'ordre en civil ont arrêté des opposants, selon le site de l'opposition
Mowjcamp.com. De même à Ispahan (centre), des opposants ont été battus. Pour sa part, M. Moussavi, arrivé en voiture à l'une des manifestations, a été hué aux cris de « Mort à Moussavi » par des sympathisants du régime, qui se sont ensuite jetés sur le véhicule, le forçant à quitter les lieux, a indiqué l'agence officielle IRNA. Les partisans du régime ont également scandé « Mort à l'Amérique » et « Mort à Israël », reprenant les slogans traditionnels de la Journée annuelle d'al-Qods (Jérusalem) décrétée il y a 30 ans par l'imam Khomeyni, fondateur de la République islamique, pour soutenir les Palestiniens.
Les gardiens de la révolution avaient prévenu jeudi l'opposition iranienne que les autorités répliqueraient « fermement » à d'éventuelles manifestations antigouvernementales au cours des rassemblements de la Journée d'al-Qods.
À l'Université de Téhéran, où se sont rassemblés les fidèles, M. Ahmadinejad a affirmé que le mouvement d'opposition en Iran était en bout de course. Les manifestations ont pris fin en milieu d'après-midi à Téhéran, selon des témoins. « Quelques manifestants ont protesté contre (Mahmoud) Ahmadinejad, mais ils ont été noyés dans l'énorme foule de gens exprimant leur solidarité avec les Palestiniens », a affirmé la télévision d'État. Le vice-président de l'Assemblée, Mohammad Reza Bahonar, s'est toutefois élevé contre les « agressions et actes illégaux » dont ont fait l'objet les responsables de l'opposition.
À l'étranger, la France s'est dit « particulièrement préoccupée par les informations » faisant état de « violences commises contre des responsables de l'opposition iranienne ».
À la suite de l'élection présidentielle, un mouvement de contestation populaire avait plongé le pays dans une crise sans précédent depuis la révolution islamique de 1979. Au moins 4 000 manifestants ont été arrêtés, dont environ 150 restent détenus, et, selon un bilan officiel, 36 personnes - 72 selon l'opposition - ont péri dans les violences.

