Cette faillite retentissante est considérée comme l'élément déclencheur d'une panique financière, qui, bien qu'ayant été contenue grâce à la mobilisation rapide et sans précédent des pouvoirs publics, a précipité le plongeon d'une économie américaine entrée en récession neuf mois plus tôt.
Vu la prudence habituelle de M. Bernanke, sa déclaration vaut reconnaissance que la récession la plus longue qu'aient connue les États-Unis depuis 1945 est effectivement terminée, ainsi que l'avaient laissé transparaître les minutes de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Fed publiées le 9 septembre.
Le président de la Réserve fédérale a répété le pronostic de la banque centrale selon lequel la reprise risque d'être très lente et le chômage de monter jusqu'à la fin de l'année et pendant un bonne partie de 2010.
M. Bernanke a vu par ailleurs des signes « encourageants » pour les banques américaines, qui, selon lui, sont moins dépendantes des programmes spéciaux mis en place par son institution face à la crise.
La tâche de dater la fin de la récession américaine revient officiellement à un centre de recherche privé, le Bureau national de la recherche économique (NBER), mais il y a un consensus parmi les économistes pour dire que celle-ci s'est achevée en août.
Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a estimé début septembre que la reprise avait commencé très lentement.
Et lundi, le Trésor a posé les bases de la réduction de soutien au système financier du pays. Certains de ses programmes, mis en place après ce que l'on commence rétrospectivement à appeller la grande panique de septembre 2008, sont en train de prendre fin.
Néanmoins, a estimé le Trésor, « il y a toujours fortement besoin de maintenir certaines politiques de soutien extraordinaires mises en place » contre la crise, « la normalisation des marchés financiers à ce jour (n'étant) que partielle et fragile, et la reprise économique (étant) au mieux tout juste naissante ».
Les programmes de soutien à la liquidité et au crédit mis en place par la Fed à coups de centaines de milliards de dollars sont toujours en place et nombre d'entre eux ont été prolongés au-delà de la fin de l'année
Le Comité de politique monétaire de la banque centrale (FOMC) doit se réunir les 22 et 23 septembre. Les discussions y tourneront autour du meilleur moyen de réduire l'aide de la banque centrale de la façon la plus douce qui soit pour l'économie et au moment approprié.
Le président américain Barack Obama a exclu lundi un nouveau plan de relance budgétaire après celui de 787 milliards de dollars promulgué en février. Mais les autorités américaines, comme celles des autres pays avancés ou émergents du G20, considèrent qu'il est encore beaucoup trop tôt pour que l'État fédéral abandonne l'économie à son sort.
« Il va nous falloir encore du temps pour nous en sortir », a déclaré M. Geithner hier sur la télévision ABC, estimant qu'il n'y avait pas de remède « immédiat » permettant de tout régler « vite et facilement ».


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