divertissants.
Des programmes animant les « nuits de ramadan » sont établis. C'est l'instant des sitcoms, pièces de théâtre, des émissions télé humoristiques et culinaires. Le ramadan est parfois observé à contre-cœur, juste pour faire comme tout le monde, comme en témoignent certaines expressions répétées durant la journée: «On tue le temps », « On passe le temps», « À quelle heure est-ce qu'on mange ce soir ?». Il est aussi suivi par habitude, par tradition.
Réunion autour d'un narguilé dans les cafés-narguilés qui, parfois, ferment exceptionnellement beaucoup plus tard que la normale. Une partie des jeunes profite de l'occasion pour sortir s'amuser toute la nuit.
«Tout cela contribue à donner une image quelque peu futile à ce mois au cours duquel les uns se livrent excessivement aux délectations et d'autres à la paresse et à la négativité », ajoute Hala Attar Zeidan, autre membre du collectif Five.
«Notre but est de rectifier l'image de ce mois festif et là, on s'adresse aux musulmans comme aux non-musulmans, ajoute Bakkar. L'identité que nous voulons promouvoir est liée à cinq points essentiels: la joie, la générosité, l'union, le dynamisme et la chaleur. » Les jeunes ont établi à cet effet un calendrier d'activités en collaboration avec le Busy Box pour les travaux manuels ; Cocoa & Co et Sugar Daddy's pour la confection et la décoration des gâteaux et des biscuits ; avec JouéClub pour les spectacles de marionnettes.
À signaler une nouveauté dans le genre qui a remporté un grand succès : la grande mosquée al-Omari nous a ouvert ses portes pour accueillir des conteurs. Quelque 200 enfants ont pu participer à ces séances qui se sont terminées par des chants et des distributions de cadeaux.
L'initiative du collectif Five a reçu l'approbation de Dar el-Fatwa. Et ces jeunes espèrent préparer la grande fête du Fitr comme à l'ancienne, avec la création du «Horch el-Eid» en plein centre-ville. «Ce sera sans doute pour l'année prochaine», promettent-ils.
Dans le même esprit d'associer le ramadan à des « idées positives », Ghida Madhoun Makkouk, institutrice et copropriétaire de Ceramics N'More, un nouvel espace consacré aux arts plastiques à Sodeco, affirme pour sa part que ce genre d'activités ludiques est une excellente façon d'apprendre aux enfants l'amour, le respect, la tolérance, la patience et la générosité. « Des valeurs universelles prônées, en fin de compte, par toutes les religions », conclut la jeune femme qui, joignant le geste à la parole, invite à ses « iftars » et activités caritatives des associations s'occupant des enfants nécessiteux ou orphelins appartenant à plusieurs communautés religieuses.

